Publié le 20 mars 2026
Programme d’armement 2026
Dans le cadre du programme d’armement 2026, le Conseil fédéral soumet des crédits d’engagement pour un montant de 2,4 milliards de francs.

Les crédits d’engagement demandés tiennent compte des risques estimés, du renchérissement prévu et de la TVA. Il n’y a actuellement ni offres, ni ébauches de contrats disponibles pour ces projets, hormis celui du système de défense sol-air de moyenne portée (acquisition complémentaire) et le pistolet 26. C’est pourquoi dans ces cas, le risque identifié est de 30 %, par analogie à l’immobilier. Les hausses de prix exceptionnelles dues à la forte demande en biens d’armement ou à des retards d’approvisionnement ne sont, le cas échéant, pas prises en compte.
Système de défense sol-air de moyenne portée (acquisition complémentaire)

Investissements 1000 millions de francs
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Le Parlement a accordé un crédit d’engagement de 660 millions de francs pour la défense sol-air de moyenne portée avec le programme d’armement 2024. Ce crédit soutiendra le développement de la capacité permettant un effet contre des cibles dans les espaces aériens inférieur et intermédiaire (c’est-à-dire jusqu’à 8000 m d’altitude). Le nouveau système IRIS-T SLM servira en particulier à la défense contre les missiles de croisière, les drones tactiques et les avions de combat et pourra être engagé en toute situation.
Le Conseil fédéral propose de faire l’acquisition de deux unités de feu supplémentaires afin de couvrir une plus grande surface du territoire et protéger davantage d’infrastructures critiques. Il s’agit aussi surtout d’augmenter le nombre de missiles disponible afin d’améliorer la capacité à durer dans la défense contre des menaces à distance.
Le système de défense aérienne IRIS-T SLM a été développé par l’entreprise d’armement allemande Diehl Defence GmbH & Co. KG. L’armée a déjà, par le passé, fait l’acquisition d’unités de feu et de missiles du même type. Cette acquisition complémentaire comprend également des pièces de rechange, des appareils de test et d’autres moyens logistiques afin de renforcer la capacité à durer en engagement. Il est à nouveau prévu de réaliser cette acquisition dans le cadre du programme European Sky Shield Initiative (ESSI).
L’Armée suisse a vérifié l’efficacité du système IRIS-T SLM à l’été 2024 et confirmé qu’il est apte à être utilisé par la troupe. Il n’est donc pas nécessaire de procéder à une nouvelle évaluation.
La livraison des unités de feu accordées avec le programme d’armement 2024 est prévue dès 2028. Les unités de feu et les moyens logistiques complémentaires ne pourront être livrés qu’à partir de 2030 au plus tôt. Les missiles supplémentaires devraient cependant arriver avec la première tranche, dès 2028.
Comme il s’agit d’une acquisition complémentaire de matériel éprouvé, l’armée n’a pas examiné de variantes.
Système de défense sol-air de courte portée

Investissements 800 millions de francs
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La défense sol-air dispose actuellement de deux systèmes de défense aérienne de courte portée: le lance-missile léger de défense contre avions Stinger (arme à épauler) et le canon de défense contre avions 35 mm. Ces systèmes peuvent être engagés jusqu’à 3000 mètres au-dessus du sol; ils permettent avant tout de combattre les hélicoptères de combat et, dans une moindre mesure, les drones. Leur utilité est aussi restreinte pour ce qui concerne la protection des sites et des objets. Ces systèmes atteindront la fin de leur durée d’utilisation au début des années 2030 et devront être remplacés.
Le nouveau système pourra être déplacé et visera à empêcher, ou au moins à compliquer, l’utilisation de l’espace aérien inférieur par l’adversaire. Il sera engagé pour la protection des infrastructures critiques civiles et militaires, par exemple des centrales électriques, des aérodromes ou des centres logistiques de l’armée, contre des attaques aériennes.
Pour la défense aérienne de courte portée, il est prévu de faire l’acquisition d’un système de Rheinmetall Air Defence AG, en Suisse. Ce système est composé d’une pièce d’artillerie de défense aérienne, un canon 35 mm qui peut être monté sur un camion, ce qui permet un engagement semi-mobile. Le canon (dit canon revolver) permet de tirer différents types de munitions et de combattre plus efficacement un large éventail des menaces aériennes, parmi lesquelles des drones de différentes tailles. Les munitions peuvent être programmées pour exploser en vol, libérant une multitude de projectiles. Il est ainsi possible d’atteindre des cibles même rapides et particulièrement difficiles à combattre. Le volume d’acquisition prévu comprend en outre des moyens pour établir l’image de la situation aérienne et diriger le feu.
Le type d’arme choisi est déjà utilisé par plusieurs armées européennes et a fait ses preuves. Une évaluation globale n’est donc pas nécessaire. Des essais et des vérifications sont par contre effectués par la troupe.
L’introduction du système est prévue à partir de 2028.
L’armée a examiné trois variantes: la première avec une pièce d’artillerie montée sur camion, la deuxième montée sur char de grenadiers à roues et la troisième qui associe les deux systèmes. La première variante est privilégiée en raison de l’importance que revêt la protection des infrastructures critiques. L’acquisition de pièces d’artillerie sur char de grenadiers à roues sera examinée ultérieurement.
Défense contre les mini-drones

Investissements 30 millions de francs
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La prolifération des petits drones, difficiles à détecter, représente une menace croissante pour la sécurité dans l’espace aérien suisse. Il est possible d’utiliser des mini-drones pour effectuer des actions de reconnaissance, perturber des processus, voire même, à l’extrême, attaquer des infrastructures critiques, telles que des aéroports ou des installations de production d’énergie. Les actions de ce genre se multiplient dans l’espace aérien européen. C’est pourquoi les Chambres fédérales ont chargé, en décembre 2025, le Conseil fédéral d’acheter des moyens de défense aérienne efficaces contre les drones dans le cadre des motions 25.4396 et 25.4405, toutes deux sur ce même sujet.
Différents types de capteurs et d’effecteurs sont utilisés pour reconnaître, identifier et neutraliser des mini-drones, par exemple des systèmes de surveillance, des brouilleurs de signaux (en anglais, jammer) ou des lasers. Combiner ces moyens permet d’assurer une protection des formations militaires, de la population et des installations critiques.
La solution proposée comprend un système mobile, pouvant servir aussi bien à la détection qu’à la défense contre les mini-drones. Modulaire, le système peut être adapté à différentes formes d’engagement et aux exigences futures. Il présente un très bon rapport coût-efficacité, d’autant plus vu le prix avantageux des munitions utilisées par ses mécanismes de défense. Les risques en sont par conséquent réduits.
Le système de défense est composé principalement de différentes sortes de capteurs, d’unités de contrôle et d’effecteurs qui repèrent les mini-drones, les identifient et les neutralisent, par exemple au moyen d’ondes électromagnétiques ou radar. Grâce à un logiciel d’analyse et de conduite, les données des capteurs sont fusionnées et les menaces traitées par ordre de priorité. Le système peut être augmenté par des composants optionnels, qui permettent de neutraliser les objets en approche à l’aide de drones intercepteurs ou de projectiles.
Les systèmes de défense contre mini-drones appropriés seront testés en conditions d’engagement réelles et dans différents environnements. L’évaluation tiendra compte aussi bien des aspects techniques que des exigences opérationnelles.
L’introduction auprès de la troupe est prévue par étapes, à partir de 2028.
Étant donné l’évolution rapide en matière de défense anti-drones, l’armée examine constamment de nouvelles solutions. La décision concernant les composants à acquérir ne sera prise que peu de temps avant l’achat.
Radar semi-stationnaire de moyenne portée

Investissements 150 millions de francs
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Depuis la fin des années 1980, l’Armée suisse dispose du radar tactique d’aviation TAFLIR en complément au système de surveillance de l’espace aérien et de conduite de l’engagement Florako. Le TAFLIR permet de combler certaines lacunes dans l’image de la situation aérienne puisqu’il couvre des espaces hors du champ des capteurs Florako. Sa technologie est toutefois ancienne et sa portée limitée à 100 km au maximum, raison pour laquelle il sera mis hors service fin 2028.
Afin de pouvoir détecter à un stade précoce et combattre des menaces à distance, l’armée prévoit donc d’acheter un système radar moderne, d’une portée d’environ 200 km. Ce radar servira non seulement à surveiller l’espace aérien mais aussi à donner l’alerte en cas de menace aérienne, par exemple par des drones ou des missiles.
Le système radar destiné à la surveillance de l’espace aérien à moyenne portée qu’il est prévu d’acheter peut être intégré à un véhicule de transport tout-terrain et son aptitude à l’engagement est déjà prouvée. Ce système peut détecter, suivre et identifier avec précision des cibles rapides, de petite taille et volant à basse altitude. Semi-stationnaire, il peut être utilisé dans différents scénarios d’engagement. Sa mobilité accrue permet aussi de le soustraire au feu adverse en cas de conflit.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la demande en capteurs a fortement augmenté sur le marché de l’armement. La demande dépasse toujours largement l’offre, en particulier pour les capteurs destinés à la surveillance aérienne. Par conséquent, les temps de livraison sont longs et les prix élevés. Le crédit d’engagement demandé doit permettre une commande rapide des systèmes nécessaires, afin d’éviter une lacune capacitaire de longue durée après la mise hors service du TAFLIR.
Les types de capteurs en question sont produits en série et déjà utilisés par diverses armées européennes; un test approfondi n’est par conséquent pas nécessaire.
Après approbation du Parlement, la commande pourra être passée de sorte que l’introduction auprès de la troupe soit possible dès 2030.
L’armée a étudié différentes solutions. Si toutes couvrent le spectre d’engagement souhaité, elles se distinguent par certaines propriétés. La préférence a été donnée à la solution semi-stationnaire d’un fabricant européen.
Développement des capacités dans l’espace orbital

Investissements 30 millions de francs
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Pour les forces armées, l’espace orbital gagne en importance à une allure fulgurante, notamment dans les domaines de l’aide au commandement, de la recherche d’informations et de la télécommunication. Conscient de cette évolution, le Parlement a ajouté le développement de capacités dans l’espace orbital aux valeurs-cibles pour l’orientation de l’armée jusqu’en 2035.
Pour l’heure, l’Armée suisse ne recourt que rarement à des prestations liées à l’espace orbital et dépend totalement dans ce domaine de fournisseurs commerciaux et de coopérations avec d’autres États. Selon sa Conception générale Espace orbital, dont le Conseil fédéral a pris acte le 8 octobre 2025, elle entend développer ses propres capacités dans ce domaine et ce, en agissant sur cinq aspects. Le premier point consiste à pouvoir établir une image de la situation dans l’espace orbital. C’est en observant cet espace que l’armée acquerra une meilleure compréhension de ce qui s’y déroule, y compris des acteurs, moyens et menaces qui y jouent un rôle. Le deuxième axe de travail vise à renforcer la recherche d’informations. Les satellites d’exploration, équipés de capteurs optiques et électroniques ou d’un radar permettront à l’armée de recevoir des informations en provenance de l’espace orbital à toute heure et quelles que soient les conditions météorologiques. Elle sera ainsi en mesure d’affiner son suivi de la situation et sa planification d’action. Le troisième aspect à améliorer est celui de la télécommunication, grâce à la création d’un système de communication redondant, basé sur des moyens spatiaux. Le quatrième axe de développement des capacités est celui de la navigation de précision. Cette dernière joue déjà un rôle primordial au quotidien, par exemple dans la navigation et la localisation des aéronefs et des véhicules terrestres. Cinquième axe de développement enfin, la troupe doit pouvoir prendre des contre-mesures pour sa propre protection et pour la protection des informations, que ce soit en se soustrayant à la détection de capteurs spatiaux ou en protégeant ses propres systèmes.
L’acquisition de renseignements au profit de l’armée et la garantie de sa capacité de conduite ne sont pas les seules fonctions des services spatiaux: ils peuvent aussi être utilisés par les autorités civiles, par exemple pour la gestion de crise.
La première étape de développement s’articule autour du projet Alpstar, lancé par la Suisse et réalisé par l’Agence spatiale européenne (European Space Agency, ESA). Il s’agit, d’une part, de créer un réseau coordonné de stations au sol, que pourront utiliser les services par satellite des États participant au projet et qui servira à la coopération internationale. D’autre part, un prototype de satellite d’exploration radar sera développé conjointement. Un design spécial lui offrira aussi des fonctions d’exploration électronique passive, notamment la localisation de stations radar ou d’émetteurs au sol. Il devrait à moyen terme atteindre la maturité de série industrielle permettant une acquisition à un prix intéressant.
Pour l’instant, il faut créer l’infrastructure nécessaire au sol. Elle se compose de centres d’opérations servant entre autres à commander les satellites et à diffuser les données, mais aussi de stations d’observation grâce auxquelles l’armée peut établir une image actuelle de la situation dans l’espace orbital.
La première phase de développement durera environ six ans, pour s’achever en principe au début des années 2030. Des capacités essentielles seront déjà disponibles à court terme. Des investissements supplémentaires sont prévus d’ici le milieu des années 2030 afin de poursuivre le développement des capacités.
Le prototype du satellite d’exploration radar et l’infrastructure au sol seront tous deux réalisés en collaboration avec l’ESA et des États partenaires, ce qui permettra à l’armée de bénéficier des connaissances d’experts chevronnés et de réduire ainsi les risques et les coûts.
L’introduction se fera par étapes à partir de 2027.
L’armée a étudié la possibilité de renoncer au développement d’un satellite d’exploration radar multifonctionnel, mais comme il n’existe pas encore de satellite sous cette forme, elle considère qu’il s’agit d’un projet phare plein de potentiel. Ce sera l’occasion pour elle d’exploiter des synergies avec l’ESA, qui sont indispensables à la poursuite du développement des capacités.
Accroissement de la résilience pour une utilisation partagée de services civils

Investissements 100 millions de francs
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Pour être en mesure de mener des engagements en réseau, les troupes doivent avoir accès à des données et informations sécurisées, où qu’elles se trouvent et en tout temps. Les technologies garantissant une transmission des données à la fois sûre et performante sont modernisées peu à peu grâce au projet «Télécommunication de l’armée». L’utilisation partagée des réseaux radio mobiles civils, initiée avec le programme d’armement 2020, en a été une étape importante: les installations de communication des véhicules ont alors été équipées de cartes SIM pour que l’armée puisse se servir de réseaux de téléphonie mobile civils pour transmettre des données.
Ce service est opérationnel et l’armée y recourt de plus en plus. Le présent projet d’armement repose sur l’utilisation partagée des infrastructures civiles qui a déjà cours et l’étend. Il permet de développer une infrastructure principale particulière pour utiliser les réseaux de données civils, et augmenter ce faisant la capacité de résistance des systèmes informatiques propres à l’armée face à des menaces et dangers tels que les cyberattaques ou les pannes de courant. L’armée sera en outre prioritaire lors de l’utilisation conjointe de réseaux de téléphonie mobile de fournisseurs civils, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Le projet d’armement met en œuvre trois mesures essentielles afin de garantir la sûreté et la disponibilité permanente de la transmission des données: le développement d’une infrastructure principale particulière avec un accès privilégié aux réseaux de téléphonie mobile, l’utilisation partagée des réseaux de fibre optique civils et la poursuite du développement du système de communication vocale existant.
Infrastructure principale particulière avec accès privilégié aux réseaux de téléphonie mobile
Cette étape consiste à développer une infrastructure principale protégée pour la téléphonie mobile. L’armée pourra ainsi utiliser les réseaux de téléphonie mobile privés en dépendant moins des gestionnaires de ces réseaux. Grâce à cette infrastructure principale, elle sera en mesure de gérer elle-même le flux de données et d’opérer avec une autonomie presque complète. Le fournisseur lui garantit un accès privilégié aux réseaux de téléphonie mobiles existants, même en situation d’urgence ou en période de forte charge. De plus, la connexion fonctionne en passant par plusieurs fournisseurs de service pour améliorer la disponibilité dans tout le pays. Des travaux ultérieurs viseront à rendre le réseau de téléphonie mobile civil plus résilient et à le compléter avec des antennes supplémentaires.Utilisation partagée des réseaux de fibre optique existants
En partageant l’utilisation des câbles à fibre optique civils, l’armée dispose d’un moyen de transmission de données sûr et performant à moindre coût, sans devoir poser de lignes supplémentaires. Comme les liaisons à fibre optique n’émettent pas d’ondes radio, elles présentent l’avantage de ne pouvoir être ni détectées ni perturbées électroniquement. Elles garantissent donc une connexion sûre entre des emplacements fixes et des infrastructures de conduite sensibles, en complément du Réseau de conduite suisse.Poursuite du développement du système de communication vocale
Depuis 2022, l’Armée suisse dispose d’un système de communication vocale protégée indépendant. Il convient de poursuivre son développement pour que les systèmes radio militaires puissent communiquer directement avec les appareils usuels tels que les smartphones ou les tablettes; la communication en engagement s’en trouvera facilitée.Swisscom SA est toujours le fournisseur principal de l’infrastructure réseau, ce qui rend une nouvelle évaluation superflue.
Swisscom assure le développement des systèmes existants et est responsable de la priorisation des utilisateurs. Les composants nécessaires à l’infrastructure principale particulière qui permettra l’utilisation partagée des réseaux de données civils seront installés dans les centres de calcul du DDPS entre 2027 et 2030.
En outre, Swisscom va équiper ses lignes à fibre optique de points de raccordement qui pourront être utilisés par l’armée et seront compatibles avec ses systèmes de communication militaires. L’utilisation partagée de cette infrastructure de réseau fixe gagnera progressivement en importance à partir de 2027.
Les fournisseurs actuels poursuivent le développement du système de communication vocale, qui est exploité par l’armée. Les premières capacités élargies pourront être utilisées à partir de 2027.
L’armée a étudié si, parallèlement à Swisscom, il était opportun d’envisager d’autres fournisseurs en tant que partenaires stratégiques et fournisseurs principaux. Des réflexions en lien avec la sécurité l’ont incitée à rejeter cette option.
Elle a également examiné s’il était possible de partager l’utilisation de l’infrastructure principale existante de Swisscom pour éviter d’avoir à développer une infrastructure particulière. Cette solution ne serait toutefois pas en adéquation avec la volonté d’augmenter la résilience des systèmes militaires.
Guerre électronique

Investissements 240 millions de francs
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La guerre électronique englobe, d’une part, l’exploration des signaux radio émis par des appareils ou systèmes adverses, d’autre part, l’ensemble des mesures de protection et des contre-mesures qui s’imposent pour entraver les capacités de conduite et d’exploration de l’adversaire. Elle nécessite des capteurs et des effecteurs électromagnétiques performants. Les capteurs doivent pouvoir détecter des signaux électromagnétiques, les identifier et les localiser, tandis que les effecteurs (par ex. des brouilleurs de signaux) agissent dans l’environnement opérationnel électromagnétique.
Ces capteurs et effecteurs sont actuellement surtout des moyens d’appui au profit des niveaux de conduite supérieurs. Le niveau tactique (unité/corps de troupe) n’est quant à lui pas encore prêt à instaurer des mesures de protection et des contre-mesures de façon autonome dans le domaine de la guerre électronique. Compte tenu de l’évolution des menaces, il est impératif que l’armée puisse aussi agir à tous les niveaux dans l’espace électromagnétique. Pour ce faire, elle doit disposer de moyens de guerre électronique modulaires, robustes et capables de s’adapter.
La priorité est de maintenir les capacités d’exploration dans l’espace électromagnétique. À partir de là, il convient de développer les moyens de guerre électronique en visant une plus grande mobilité, afin qu’ils puissent être engagés en appui des formations tactiques et intégrés au sein des troupes de combat. Enfin, de nouvelles capacités doivent être développées au niveau tactique inférieur (unité) dans le but de pouvoir identifier les menaces et protéger le personnel, les installations et les convois contre les menaces dans l’espace électromagnétique.
Les moyens de guerre électronique existants sont complétés par des capteurs et des effecteurs électromagnétiques pour développer les capacités comme planifié. Du point de vue technique, il faudrait que la conception des systèmes de guerre électronique soit aussi modulaire que possible et reprenne des standards établis pour permettre des adaptations rapides. L’intégration des capteurs ne doit nécessiter aucune modification majeure du système de base.
Les capteurs et les effecteurs électromagnétiques feront partie de modules compacts que la troupe pourra transporter et utiliser facilement. Les formations de combat auront la capacité de détecter des émissions adverses et d’en localiser l’émetteur. Une image de la situation pourra ainsi être établie au niveau tactique en toute autonomie. En l’évaluant, le commandement pourra décider de l’engagement d’effecteurs pour brouiller les transmissions et nuire ainsi aux capacités d’exploration et de conduite de l’adversaire.
La modernisation des moyens de guerre électronique de l’Armée suisse se fait dans le cadre d’une coopération en matière d’armement avec les Pays-Bas et l’Allemagne, notamment dans les domaines des capteurs, de l’analyse de signaux et de la gestion. La Suisse participe à l’élaboration de solutions conjointes, ce qui, dans l’idéal, peut réduire les délais d’acquisition. Elle peut également exploiter des synergies dans les domaines de la logistique, de l’instruction et de la gestion de système.
L’évaluation s’est faite par l’acquisition d’un système pilote basé sur les composants principaux des systèmes des États partenaires. Réalisée en 2025, elle s’est appuyée sur des critères techniques, fonctionnels et opérationnels. Les résultats ont permis de préciser les exigences et de définir le besoin effectif de capteurs et d’effecteurs.
L’acquisition se fera par étapes à partir de 2027. La première phase consistera à garantir les capacités existantes et à les développer de sorte qu’elles soient disponibles au niveau tactique aussi vite que possible.
L’armée a examiné s’il était possible d’adapter les systèmes existants pour qu’ils répondent aux nouvelles exigences relatives à la modularité et à la mobilité. Cette analyse a mené à la conclusion que le processus demandé, à savoir le renouvellement partiel des systèmes d’exploration existants complété par des composants modernes, était bien plus économique.
Pistolet 26

Investissements 50 millions de francs
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Le pistolet 75 de type SIG P220 fait partie de l’équipement des militaires depuis cinquante ans. Le stock actuel de pistolets suffira à couvrir les besoins de l’armée pendant environ quatre ans, mais il est déjà difficile et onéreux à l’heure actuelle de se procurer des pièces de rechange. Le programme d’armement 2026 prévoit l’acquisition d’un nouveau modèle, qui remplacera progressivement le pistolet 75 avec une période de transition de cinq ans. Des acquisitions subséquentes seront nécessaires pour équiper les militaires sur la durée totale d’utilisation prévue pour cette arme, à savoir 30 ans; le Conseil fédéral présentera les crédits d’engagement à cet effet en temps voulu.
L’acquisition permet le remplacement des pistolets 9 mm 75 par une quantité équivalente d’armes d’un autre modèle. Elle comprend plusieurs accessoires, comme des magasins de réserve et des étuis. La maintenance et l’entretien du nouveau pistolet seront assurés par l’armée. Il convient de se procurer les moyens logistiques nécessaires (par ex. outils et pièces de rechange) et les prestations qui permettront d’acquérir le savoir-faire en matière d’entretien.
Avant de décider du type de pistolet à acquérir, l’Office fédéral de l’armement (armasuisse) a procédé à une évaluation par étapes. Au printemps 2023, la liste dressée comptait douze fabricants possibles. Cinq ont été retenus pour l’évaluation préalable. Leurs produits ont été testés selon des critères techniques, logistiques et liés à l’engagement. Trois types d’armes ont ensuite fait l’objet de tests plus approfondis et ont été analysés sous l’angle commercial. Outre les aspects militaires, techniques et économiques, des considérations relatives à la politique d’armement ont été décisives dans le choix du type de pistolet.
Le calendrier d’acquisition s’alignant sur les besoins de l’armée, l’introduction du nouveau pistolet pourra se faire à partir de 2028.
L’armée a examiné s’il était possible d’acquérir la totalité des nouveaux pistolets requis au moyen d’un crédit d’armement unique pour ne pas avoir à effectuer d’acquisitions subséquentes. Vu le crédit d’engagement à disposition pour les biens d’armement, cette option a été rejetée.
Chapitres du Message sur l’armée 2026
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- Situation sur le marché de l’armement
- Programme d’armement
- Crédit additionnel: avions de combat F-35A
- Programme immobilier du DDPS
Message sur l’armée 2024
L’orientation à long terme, le matériel de l’armée et le plafond des dépenses
sont définis et soumis tous les quatre ans dans le message sur l'armée.
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- Valeurs-cibles pour l’orientation de l’armée à long terme
- Acquisitions de matériel de l’armée justqu'en 2027
- Plafond des dépenses de l’armée pour la période justqu'en 2028
Plus d’informations
- 20.03.2026 Décision du Conseil fédéral
- 06.03.2026 Décisions en matière de politique de sécurité
- Conférence de presse
- Crédit additionnel : avions de combat F-35A (communiqué de presse)
- Relèvement temporaire de la TVA pour renforcer la sécurité et la défense : consultation (communiqué de presse)
- 28.01.2026 Renforcement de la sécurité et de la capacité de défense de la Suisse
- Conférence de presse
- Discours du conseiller fédéral Martin Pfister (chef du DDPS)
- Financement et équipement de l'Armée suisse (dossier web)
- Messages sur l’armée depuis 2021
- Modalités d’armement
Table des matières
- Système de défense sol-air de moyenne portée (acquisition complémentaire)
- Système de défense sol-air de courte portée
- Défense contre les mini-drones
- Radar semi-stationnaire de moyenne portée
- Développement des capacités dans l’espace orbital
- Accroissement de la résilience pour une utilisation partagée de services civils
- Guerre électronique
- Pistolet 26
- Chapitres du Message sur l’armée 2026
- Message sur l’armée 2024
- Plus d’informations