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Au-delà des frontières

Lors du Forum économique mondial de Davos, la tâche principale des Forces aériennes suisses est d'assurer la protection sans faille de l'espace aérien à Davos et dans les environs. Cet espace aérien n’est pas uniquement suisse. Un défi.

15.01.2020 | CUMINAIVEL | mm/fe

Radaranlage Österreich

 

Le colonel EMG Pierre-Yves Eberle participe au WEF depuis des années: sur le terrain, l'armée effectue un engagement subsidiaire, c'est-à-dire qu'elle soutient au mieux les autorités civiles. Dans la troisième dimension, cependant, les Forces aériennes remplissent l’une de leur missions principales: l’armée est seule responsable de la sécurité de l'espace aérien autour de la zone d'engagement de Davos. Néanmoins, elle ne peut le faire sans la participation de tous ses voisins. La coopération avec l'Autriche, en particulier, est essentielle à cet égard.

Le col EMG Pierre-Yves Eberle n'est pas seulement le commandant du Air Operation Center (AOC), l'endroit où se rejoignent tous les fils concernant le trafic aérien pendant le WEF. L'officier d'état-major général Eberle peut également donner un exposé impromptu sur la coopération militaire avec tous les pays voisins de la Suisse. À quand remonte la coopération avec l'Italie, comment elle coopère avec l’Allemagne et pourquoi les Forces aériennes suisses ne peuvent pas simplement ignorer les frontières nationales lors de leurs missions?

«Il y a des accords spéciaux pour cela, explique Eberle, même si pendant longtemps, il n'y a pas eu d'accord correspondant avec l'Autriche». En 2017, la Suisse a toutefois signé avec l'Autriche un accord qui réglemente précisément le service de police aérienne. Cela comprend notamment le traitement de poursuites dites «hot pursuit». Si les avions de chasse suisses suivent un «intruder», un intrus, ils peuvent aussi le suivre au-delà de l'espace aérien suisse jusqu'en Autriche - et inversement - selon l'accord.

En outre, un officier de liaison suisse sera présent au centre d'opérations des forces aériennes autrichiennes pendant toute la durée de la mission du WEF. Dans ce contexte, les deux forces armées s'entraîneront également ensemble régulièrement en dehors du WEF. Bien entendu, la coopération se limite au service de police aérienne contre les menaces non militaires, mais n'inclut pas le soutien en cas de menace militaire. Cela s'apparenterait à une alliance militaire, ce qui n'est pas possible pour la Suisse en raison de sa neutralité.

Ainsi, pendant le WEF, l'armée de l'air a défini une procédure de transit pour la zone autour de Davos. «Cela nécessite une accréditation du pilote et de l'avion», explique le col EMG Pierre-Yves Eberle. Cette accréditation est délivrée en collaboration avec Fedpol, la police cantonale compétente, l'OFAC et les Forces aériennes.

Pour résumer: le ciel au-dessus du WEF sera bien et complètement protégé - non seulement par les Forces aériennes suisses, mais aussi au-delà de ses frontières.