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«Un attentat peut survenir à tout moment»

Walter Schlegel est le responsable de la sécurité au WEF. Commandant de la police du canton des Grisons, il porte la lourde responsabilité de coordonner les forces de police et de l’armée pour protéger les hôtes et les visiteurs du WEF. Les corps de police de tous les cantons, de différentes villes et de la Principauté du Liechtenstein sont en engagement. Rédacteur pour le journal Cuminaivel, Fabio Theus s’est entretenu avec Walter Schlegel.

21.01.2019 | CUMINAIVEL | ft/fe

Interview de Walter Schlegel
Interview de Walter Schlegel

Monsieur Schlegel, le président Donald Trump a annulé sa visite au WEF. Quel autres poids-lourds de la politique attendons-nous? En savez-vous plus que nous?
J’en sais certainement plus que vous, mais je ne peux pas non plus tout vous dire. À la police cantonale des Grisons, nous ne savons qui vient effectivement que lorsque le WEF commence. La liste des personnalités publiques potentielles est longue.

Des manifestations ont lieu à Zurich, à Berne et à Davos. En un mot, quelle valeur convient-il encore d‘accorder à ces agissements contre le WEF pour ce qui est de la sécurité?
Tout dépend de l’attitude qu’adoptent les manifestants. S’ils s’en tiennent aux conditions qui leur ont été imposées, il n’y a rien à objecter aux manifestations autorisées, et la police arrive bien à les gérer. Une manifestation pacifique attire plus l’attention que des actes de vandalismes. Dans le second cas, une intervention de la police serait nécessaire.

Quel serait le pire qui puisse arriver pour vous, en qualité de chef de la sécurité au WEF?
Ce serait que quelque chose survienne et que nous ne soyons plus en mesure de garantir la sécurité. Les événements inattendus ayant une portée importante sont les plus graves.

De manière concrète, un acte terroriste?
La menace terroriste demeure élevée en Suisse. Un attentat peut donc survenir à tout moment. Cela constituerait un défi important non seulement pour la police, mais aussi pour toute la population suisse. Le risque zéro n’existe pas.

L’armée fournit un service subsidiaire à la police. Un WEF sans armée serait-il encore possible?
Le soutien que nous recevons de l’armée au WEF est essentiel. Cependant, nous avons encore d’autres partenaires. Au total, c’est tout le Réseau national de sécurité qui est engagé dans le cadre du WEF et qui collabore à la perfection. L’armée est un élément très important de ce réseau.

Qui attribue les missions à l’armée? En êtes-vous personnellement responsable, en qualité de chef de la sécurité?
Nous commandons des prestations à l’armée. En d’autres termes, nous communiquons à l’armée ce que nous attendons de sa part. Mais c’est effectivement moi, en tant que chef de la sécurité, qui attribue les missions que l’armée doit effectuer. Il est important de préciser ici que ces commandes ne valent que pour l’engagement au sol. Les Forces aériennes sont indépendantes dans la garantie de la sécurité du ciel.

En qualité de chef de la sécurité, êtes-vous habilité à retirer l’armée du jour au lendemain, c’est-à-dire à mettre fin à son engagement subsidiaire?
Je pourrais en effet ordonner que l’armée se retire de certains domaines. Cependant, au vu du niveau de menace actuel, cela est impensable.

Vous rendez-vous parfois auprès des forces d’intervention, c’est-à-dire là où les membres de la police et de l’armée montent la garde par des températures négatives?
Oui, je me rends sur place. Si le temps le permet, j’essaie de parler avec les gens et de nouer des contacts. Cela fait partie de ma mission en tant que commandant.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus en tant que chef de la sécurité?
La collaboration avec les forces de sécurité, que je rencontre non seulement pendant le WEF, mais aussi durant l’année pour échanger. Cela est nécessaire pour être prêt si la situation devient sérieuse. Ces contacts sont intéressants et me font plaisir.