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InformationsPublié le 16 avril 2024

« Le maintien de la paix fonctionne » – entretien avec le commandant de corps Thomas Süssli

En décembre 2023, le chef de l’Armée (CdA) a rendu visite au contingent 49 de la Swisscoy. Dans cet entretien, il parle de sa propre expérience de peacekeeper et des défis à venir pour l’Armée suisse.

Monsieur le commandant de corps, vous avez vous-même effectué un engagement de promotion de la paix en 1989 dans le cadre de la mission de l’ONU GANUPT en Namibie. Quel est votre plus beau souvenir ?

Les gens en Namibie. Il y avait beaucoup d’enfants parmi eux et lorsque nous faisions une pause dans l’unité médicale suisse, ils venaient toujours nous voir – c’était merveilleux. Ces expériences, les visages et les yeux de ces enfants sont restés gravés dans ma mémoire.

Quel est l’enseignement principal que vous avez pu tirer de cette mission ?

À l’époque, l’objectif était de permettre la tenue d’élections libres et régulières en Namibie. La Namibie est aujourd'hui un pays libre et indépendant, l'engagement a contribué à ce succès. Cela démontre que le maintien de la paix fonctionne !

Selon vous, quels défis le service de promotion de la paix (SPP), et plus particulièrement la KFOR, devra-t-il relever dans les années à venir ?

La situation au niveau mondial est de plus en plus instable et les conditions pour ce type d’engagements seront de plus en plus difficiles à l'avenir. En ce qui concerne la KFOR, le défi consiste à faire en sorte que l’OTAN et tous les États souhaitent poursuivre leur mission sur place et continuent de garantir la stabilité dans la région.

Que souhaitez-vous transmettre aux militaires du contingent 49 de la Swisscoy ?

Votre engagement est important pour la Suisse. Étant donné que les Balkans sont situés au sud-est de l’Europe, toutes les personnes engagées dans la région contribuent directement à la stabilité du continent. Je tiens à leur adresser mes plus vifs remerciements pour cela.

La proportion de femmes est nettement plus élevée dans le SPP que dans l’Armée suisse. À quoi cela est-il dû selon vous ?

Je pense que ce qui rend les engagements de promotion de la paix intéressants contribue aussi à l'intérêt général pour l'armée. Les expériences que l'on vit au service militaire, et en particulier dans le cadre d'un engagement de promotion de la paix, sont certainement particulières et ne se retrouvent nulle part ailleurs. Ensuite, il y a certainement aussi le défi «Est-ce que je vais pouvoir passer six mois dans un tel environnement», probablement un peu d'esprit d'aventure et bien sûr le désir de faire quelque chose d'utile pour la paix dans le monde.

Quels sont les défis que vous souhaitez [continuer à] relever pour l’Armée suisse l’année prochaine ?

L’alimentation en effectifs représente un défi majeur pour l’armée. Il est important que nous trouvions suffisamment de militaires et que moins de personnes quittent l’armée. Un autre défi consiste à mettre l’accent sur la défense. Au cours des 20 dernières années, l’armée a été orientée vers les engagements les plus probables, à savoir le soutien aux autorités civiles. Compte tenu de la situation au niveau mondial, elle doit désormais se recentrer sur la défense. Cela nécessitera également les moyens financiers correspondants.

Y a-t-il d’autres sujets dont vous aimeriez parler ?

J’ai constaté que l’on devient vite accro aux engagements de maintien de la paix. Une fois que l’on est parti, on attrape le virus et on souhaite toujours repartir. Je suis tout autant ravi de voir des personnes revenir régulièrement que de rencontrer celles qui viennent pour la première fois. Merci pour votre engagement !

Nous vous remercions de votre visite et de nous avoir accordé cet entretien !

À propos du GANUPT
Le Groupe d’assistance des Nations Unies pour la période de transition, abrégé GANUPT (United Nations Transition Assistance Group, UNTAG), reposait sur la résolution 632 des Nations Unies du 16 février 1989 et a été déployé en Namibie d’avril 1989 à mars 1990. L’objectif du mandat était de mettre en œuvre le plan permettant à la Namibie d’accéder à l’indépendance, notamment en garantissant des élections justes et régulières. En 1989, l’Armée suisse a marqué le début de son engagement de promotion de la paix en faveur de l’ONU en envoyant une Unité médicale suisse rejoindre le GANUPT. En qualité de chef de laboratoire de la clinique d’Oshakati, le cdt C Thomas Süssli a effectué un engagement de promotion de la paix au sein du premier contingent.