Un hélicoptère des Forces aériennes participe à un exercice multinational visant à renforcer l’interopérabilité et la disponibilité opérationnelle
Au cours du mois de mai, les équipages d’hélicoptère de trois nations pourvoyeuses de troupes de la KFOR, dont la Suisse, ont effectué ensemble des vols en formation complexes au sein de groupements multinationaux. L’exercice « Joint Flight Operation » avait pour but d’accroître la capacité d’engagement, en vue de futures missions de transport aérien menées avec différents types d'hélicoptères. Participer à de tels exercices offre à l’Armée suisse une précieuse opportunité d’acquérir de l’expérience et de renforcer ses capacités dans un cadre international, sans être limitée par les contraintes géographiques et opérationnelles auxquelles elle se heurte en Suisse.

Texte : Communication SWISSINT
Photos : Sgt Katrin Locher, of presse et information rempl, SWISSCOY 52
À la mi-mai, cinq hélicoptères – trois appartenant aux forces armées américaines, un autre à la Hongrie et le dernier à l’Armée suisse – ont effectué un vol en formation au-dessus du Kosovo. Cette mission était menée dans le cadre d’un entraînement de la Kosovo Force (KFOR), qui avait pour but de renforcer la coopération entre les nations pourvoyeuses de troupes de la KFOR dans le domaine du transport aérien. L'accent a été mis sur la capacité à effectuer, avec des hélicoptères d’origines différentes, des vols de transport communs et à grande échelle, une composante essentielle pour garantir la capacité d'engagement dans un contexte multinational. À cette fin, les pilotes et leur équipage ont consolidé les procédures de décollage et d’atterrissage, et se sont exercés au vol coordonné dans plusieurs formations, ainsi qu’à des scénarios incluant ou non des passagers. L'exercice s'est conclu par un débriefing structuré et une after action review, afin de tirer des enseignements ciblés pour les engagements à venir.
Systèmes différents, normes identiques
Les trois nations fournissent différentes prestations de vol dans le cadre de la KFOR, telles que des missions de transport et d’évacuation médicale (MEDEVAC), des entraînements au vol de nuit et des vols de reconnaissance. Les exercices communs représentent à cet égard un pas important vers l’amélioration de l’interopérabilité. Ils constituent également un défi, en raison notamment de la diversité technique et des profils de performance des hélicoptères engagés, ainsi que des procédures nationales relatives au décollage, au vol et à l'atterrissage. Ces différences rendent indispensables les exercices communs et coordonnés.
La Suisse a pris part à l’exercice avec un AS532 Cougar. Une pilote des Forces aériennes suisses et son copilote, effectuant tous deux un engagement de plusieurs semaines pour la SWISSCOY en tant que pilotes militaires de carrière, étaient aux commandes de cet hélicoptère de 9 tonnes. L’équipage était assisté par deux loadmasters, l’un engagé auprès du 52e contingent de la SWISSCOY, l’autre auprès de l’Armée suisse.
Entraînements internationaux : un facteur stratégique
En Suisse, les FA ne peuvent pas s’entraîner conformément aux normes internationales en vigueur. Cela est dû au faible nombre des secteurs d’entraînement disponibles – dont les dimensions sont réduites –, aux limites d’altitude et de vitesse autorisées, aux restrictions d’horaires du service de vol, aux obligations liées au nombre de mouvements aériens sur les aérodromes militaires, à l’intensité du trafic aérien civil au-dessus de notre pays et à la forte densité de population, qui demande une limitation des nuisances sonores. Les coopérations internationales telles que l’exercice multinational « Joint Flight Operation » de la KFOR permettent de combler les lacunes en matière d’entraînement, et de renforcer encore davantage la capacité de défense de l’Armée suisse.
Planification, communication, standardisation
La planification a débuté près de trois semaines avant le début de l’exercice. Afin que ce dernier soit au plus proche de la réalité, des militaires appartenant aux différents contingents nationaux ont pris part à certains vols. Un briefing commun, dirigé par l’équipage américain, a permis de définir l’ensemble des procédures et des conditions-cadre, notamment : les itinéraires de vol, les zones interdites et dangereuses de l’espace aérien, la présence éventuelle d’autres aéronefs (drones ou hélicoptères, p. ex.), et les informations concernant les passagers. L’accent a aussi été mis sur la coordination de la terminologie, des fréquences radio et des call signs individuels. Les différents profils de performance des hélicoptères, en termes d'altitude et de vitesse par exemple, ont également été pris en compte. Ces différences n’ont cependant pas grevé l’établissement des formations tactiques de vol.
Vol commun en formation
Les cinq hélicoptères – un AS532 Cougar suisse, trois UH-60 Back Hawk américains et un Airbus H145M des forces armées hongroises – ont décollé en formation une fois le feu vert donné par le pilote leader, aux commandes d’un Black Hawk placé à l’arrière. Durant quelque 45 minutes, ils se sont exercés à différentes formations tactiques au-dessus du Kosovo, tandis que les changements d’altitude, de vitesse et de formation étaient coordonnés par échanges radio. À la fin de l'entraînement, un atterrissage en formation précis a souligné l'importance de l'interopérabilité, élément clé d'une coopération internationale sans faille sur la zone d'engagement.
Il est toujours utile de s’entraîner avec d’autres forces armées, car cela nous permet de voir ce qui fonctionne et ce qui doit encore être amélioré. Lors de notre vol, nous avons remarqué que nous ne suivions pas tous les mêmes procédures de départ, tandis que les performances variables des hélicoptères nous ont appris que le courant rabattant des engins plus lourds pourrait éventuellement nécessiter une modification de l'ordre de la formation, afin de faciliter les opérations. Toutes ces informations nous permettent d’être plus performants lors des prochains vols. De manière générale, ces entraînements nous servent à vérifier que nos procédures et nos réflexions correspondent à celles de nos partenaires ; parfois, nous recevons également des remarques concernant des procédures que nous n’avions jusqu’alors jamais remises en question. L’objectif de ce type d’exercice est de nous améliorer constamment et d’éviter autant que possible les erreurs, afin de garantir la sécurité aérienne.
Participer à un entraînement conjoint avec d’autres nations et plusieurs types d’hélicoptères est une expérience précieuse pour un loadmaster. En coopérant avec des partenaires internationaux, il apprend à s’intégrer au sein d’équipes multinationales et à travailler avec des engins différents. Ces exercices ne lui permettent pas seulement d’améliorer sa coordination et sa réactivité en situation d’urgence : ils le préparent également à des engagements complexes. De tels entraînements renforcent la coopération interculturelle et accroissent l’efficience des missions d’aide ou de maintien de la paix internationales.
Comment devenir pilote des Forces aériennes suisses ?
Toute personne souhaitant devenir pilote dans les Forces aériennes suisses doit d’abord passer l’examen d’aptitude militaire SPHAIR. Cet examen comporte deux étapes : une journée de screening et deux semaines de stage. Les candidats ayant franchi ces deux étapes avec succès doivent être titulaires du grade de lieutenant et être âgés de moins de 26 ans s’ils veulent intégrer l’école de pilotes. Après une formation de quatre ans, les élèves obtiennent leur brevet de pilote militaire et sont engagés comme officiers de carrière au sein des Forces aériennes suisses.
Informations complémentaires : SPHAIR



