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InformationsPublié le 24 juin 2025

Des tâches variées sur la place d’armes

À la fois mécanicienne en automobiles, conductrice de char et adjudant d’état-major, elle met tout son cœur à l’ouvrage. Nathalie Rölli est sous-officière de carrière sur la place d’armes de Wil à Stans-Oberdorf. Croire que son travail est une planque à la campagne serait se tromper lourdement.

L’adj EM Nathalie Rölli donne à l’of spéc Aisha Seitz un aperçu de ses tâches.

L’of spéc Aisha Seitz, officière de communication à l’état-major de milice SWISSINT, s’est entretenue avec l’adj EM Nathalie Rölli.

Nathalie, tu es sous-officière de carrière Place d’armes. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Il se passe toujours quelque chose ! La place d’armes comprend de nombreux bâtiments, qui sont utilisés par une quantité de gens. Une multitude de cours y sont organisés. En tant que responsable de l’usage militaire de l’infrastructure, j’assume des tâches de planification, de réglementation et de gestion. Concrètement, cela consiste à gérer les réservations des chambres, à analyser le taux d’occupation et à assurer la coordination avec la cuisine et le détachement d’exploitation. Je m’occupe aussi de questions liées à la protection de l’environnement et à la sécurité. Parfois, il faut même que je réponde à des questions comme « Pourquoi la lumière ne s’allume pas ? » (rires). Malgré une certaine routine, on ne s’ennuie jamais.

Qu’est-ce qui t’a amenée à rejoindre l’armée ? Était-ce prévu depuis longtemps ?

J’ai fait un apprentissage de mécanicienne en automobiles, ce qui n’est pas très habituel pour une femme. Mon travail d’approfondissement portait sur l’Armée suisse, un sujet qui m’a passionnée. Je me suis dit que je voulais y arriver. En 2013, j’ai effectué l’école de recrues en tant que conductrice de char. Dès le début, c’était clair que je voulais continuer. J’ai donc suivi le parcours classique de sergent-major d’unité à l’école d’infanterie, avant de devenir militaire contractuelle en 2014, puis sous-officière de carrière.

Tu es à Stans-Oberdorf depuis septembre 2024. À quoi ressemble ton quotidien sur place ?

Chaque jour est différent. Le plus difficile est d’assurer la coordination entre toutes les parties prenantes. La place d’armes abrite l’état-major et le centre d’instruction du Centre de compétences SWISSINT, le poste de rétablissement de la Base logistique de l’armée et l’Office des affaires militaires et de la protection civile du canton de Nidwald. Le centre cantonal de la protection de la population jouxte également le site. Il faut donc faire preuve de doigté, avoir une bonne vue d’ensemble et communiquer efficacement, surtout lors de projets de construction et d’infrastructure.

Qu’apprécies-tu particulièrement dans ton travail ?

Les gens, sans hésiter. Il y a beaucoup de mouvement, de nouveaux visages, qui apportent de la fraîcheur. Tout le monde fait preuve d’ouverture d’esprit et de motivation – cela fait plaisir. Le site est magnifique, avec le camp d’instruction et son village d’exercice, les personnes venant des quatre coins du monde pour suivre des cours et le panorama à couper le souffle.

Et comment se passe la collaboration avec autant de partenaires ?

Très bien ! J’ai été bien accueillie, même si je dois avouer que le dialecte nidwaldien m’a un peu posé problème au début. Tout le monde est très serviable. Le cadre particulier, celui d’une place d’armes cantonale, présente certes des avantages et des inconvénients, mais aussi une grande liberté d’action.

Que signifie pour toi « bien diriger », en particulier en tant que femme dans un milieu majoritairement masculin ?

Pour moi, bien diriger signifie que je connais l’objectif et que c’est à moi de déterminer comment l’atteindre. Je n’ai personne sous mes ordres, mais je travaille avec beaucoup de partenaires. Le soutien de la hiérarchie est essentiel. Pour ce qui est des femmes, il est vrai qu’on entend souvent que nous devons en faire plus. Mais beaucoup se mettent elles-mêmes cette pression. Dans les groupes mixtes, le ton est différent, plusieurs points de vue sont exprimés, et ce dans l’intérêt général.

Y a-t-il des moments où tu te dis : « là, je maîtrise », ou tout le contraire ?

Les deux. Il y a toujours des imprévus, mais je sais comment réagir. Et sinon, je peux demander de l’aide. Ce qui est bien dans l’armée, c’est qu’on n’est jamais seul.

Parmi tes formations ou perfectionnements, lesquels t’ont été les plus utiles ?

Chez nous, l’apprentissage tout au long de la vie n’est pas qu’une formule. Les militaires de carrière changent de domaine d’activité tous les quatre à six ans, ce qui signifie qu’on se forme en permanence. La confiance en mon équipe et en mes collègues spécialisés est également importante pour moi. Je ne dois pas tout maîtriser – il me suffit de savoir à qui je peux m’adresser.

Que pense ton entourage de ton travail ?

Après plus de dix ans, ce n’est plus vraiment un sujet de discussion. Beaucoup de gens trouvent cela chouette et me félicitent, mais très peu savent exactement ce que je fais. En revanche, ils m’envoient régulièrement des articles sur l’armée et me demandent mon avis.

Que dirais-tu à des jeunes gens qui envisagent une carrière militaire ?

Renseignez-vous bien ! Le site web de l’armée, Instagram et TikTok donnent une bonne première impression des possibilités. Puis réfléchissez exactement à ce qui vous intéresse. Je referais tout de suite mon service militaire. On y vit des expériences inimaginables dans la vie civile.

Pour terminer, y a-t-il un préjugé que tu aimerais dissiper ?

Oh oui : que la fonction de sof carr pl armes est le dernier emploi avant la retraite. Ce n’est tout simplement pas vrai. Il y a tellement de possibilités d’évolution, notamment dans le domaine de la digitalisation. Ce poste n’est pas réservé aux hommes d’un certain âge ; il convient à toute personne curieuse et engagée.