Swisscoy : la poste de campagne attendue avec impatience
Pour les membres de la Swisscoy, le lien avec la patrie passe notamment par les lettres et les colis qu’ils reçoivent. Les soldats du contingent 49 qui sont restés dans le secteur d’engagement pendant la période de Noël attendaient la poste de campagne avec une impatience particulière. Chaque semaine, et pas seulement à Noël, le sergent Jegaswissan Jeganathan parcourt des centaines de kilomètres à travers le Kosovo pour distribuer le courrier.
La tournée postale ne commence pas le jour de la distribution, mais deux jours avant quand le sgt Jeganathan, surnommé Jegi, reçoit l’annonce de son homologue en Suisse. Il apprend par ce biais le nombre de paquets qui arrivera le vendredi au Kosovo avec le vol de ravitaillement. Il peut alors préparer le tri. Car le courrier arrive à l’aéroport de Pristina sans avoir été trié au préalable. Autant dire que, de retour au camp de Novo Selo avec sa précieuse cargaison, le sergent ne chôme pas. Il ouvre sac après sac et en répartit le contenu. Chaque site de la Swisscoy a son étagère. Une fois les colis, les missives et les journaux triés, il les charge dans son fourgon Sprinter vert. Courante en Suisse, cette couleur attire l’attention au Kosovo parmi les véhicules blancs de la Swisscoy.
Une histoire mouvementée
Le besoin d’une poste de campagne s’est fait sentir pour la première fois lors de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Le volume du courrier était tel que ni la poste civile ni les solutions improvisées sur place ne parvenaient à en venir à bout. Le Conseil fédéral a créé la fonction de chef de la poste de campagne en 1880, avant d’édicter le 13 août 1889 l’ordonnance concernant la poste militaire en campagne, qui intègre celle-ci officiellement à l’armée. La collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a joué un rôle important pour acheminer le courrier destiné aux prisonniers de guerre à l’étranger et aux soldats internés dans le pays.
Plus de 300 kilomètres en un jour
Le samedi, c’est la grande tournée pour Jegi, qui livre le courrier à presque tous les camps et sites extérieurs, et sur le pas de porte s’il vous plaît. « Spécialement pendant la période de Noël, c’est gratifiant de voir la joie dans les yeux des soldats lorsqu’ils reçoivent des nouvelles du pays », raconte-t-il. Étonnamment, le courrier était plutôt moins abondant que d’habitude. « Pour moi, le pic d’activité a eu lieu au changement de contingent. Mon Sprinter était parfois rempli à ras bord. » Très sollicité pendant cette période, Jegi l’est aussi par l’envoi du courrier en Suisse. Depuis la mi-octobre, près de deux tonnes ont ainsi été expédiées par le contingent 49.
