De la cuisine de l’armée à la scène internationale
Karina Fruman est la première femme à représenter la Suisse au prestigieux concours de cuisine « Bocuse d’Or Europe ». L’ancienne apprentie de l’Armée suisse a pu compter sur l’aide notamment de Niklas Erb, apprenti cuisinier à Jassbach, et de Jean-Michel Martin, chef Subsistance de l’armée.
Nous félicitons Karina Fruman et son équipe pour leur 15e place et leur participation au concours « Bocuse d’Or Europe ». Ensemble, ils montrent tout ce qu’il est possible d’accomplir en ayant fait un apprentissage de cuisinier/ère dans l’Armée suisse.
Nous avons rencontré Karina, Niklas et Jean-Michel pendant leur phase de préparation et leur avons demandé quelle influence leur formation auprès de l’armée avait eu sur leur participation au concours.
Karina, qu’est-ce que ton apprentissage de cuisinière dans l’armée t’a apporté comme atout pour ta participation à ce concours aujourd’hui ?
La période passée à l’armée m’a rendue plus forte. J’ai pris des responsabilités très tôt et je savais qu’on me faisait confiance. Cela n’allait pas de soi et m’a beaucoup aidé. J’ai pu expérimenter, faire des erreurs et en tirer des leçons. C’est ainsi que j’ai découvert mes points forts. Je profite encore aujourd’hui de cette confiance que l’on m’a accordée.
Quelles valeurs acquises à la caserne t’accompagnent aujourd’hui encore ?
La structure et la discipline sont importantes. À l’armée, tout est bien organisé – et l’organisation, justement, est essentielle dans un concours comme le Bocuse d’Or. On doit toujours travailler de manière concentrée et savoir garder son calme.
Pourquoi était-il important pour toi d’emmener un apprenti de l’armée comme commis au concours ?
Pour moi, la boucle est ainsi bouclée. La formation dispensée à l’armée est excellente. Les apprentis disposent d’une base solide, sont motivés et travaillent bien. C’est précisément cette attitude qui était importante pour moi au sein de l’équipe.
Niklas, qu’est-ce que cela signifie pour toi en tant qu’apprenti de pouvoir participer à un tel concours ?
C’est très important pour moi. Ici, j’ai plus de responsabilités et de liberté que je n’en ai jamais eu auparavant. Je peux participer aux réflexions, apporter des idées, et je suis pris au sérieux. Cela me motive énormément.
Qu’as-tu déjà appris pendant ton apprentissage qui t’aide aujourd’hui ?
Le savoir-faire artisanal, mais aussi le travail structuré, le sens de l’organisation et la persévérance. À l’armée, on s’efforce d’encourager le potentiel de chacun. Cela m’aide particulièrement lors de préparatifs intensifs, par exemple avant une compétition.
Qu’est-ce qui t’a poussé à participer au Bocuse d’Or ?
Je voulais progresser et expérimenter quelque chose de nouveau. Les concours sont épuisants, mais on y apprend énormément. Ils permettent de voir où on se situe, tant sur le plan professionnel que personnel.
Jean-Michel, qu’est-ce qui caractérise la formation de cuisinier/ère dans l’armée ?
La formation à l’armée obéit à des règles claires et offre de nombreuses possibilités. Les apprentis bénéficient du temps, de l’aide et de la confiance nécessaires pour s’épanouir et fournir un travail de qualité à long terme.
Quelle image de la formation prodiguée à l’armée cette équipe montre-t-elle ?
Cette équipe montre que l’armée offre une bonne formation. Les apprentis apportent leurs connaissances spécialisées, leur sens de l’organisation et une solide éthique professionnelle. De plus, Karina et Niklas prouvent que la formation est également compétitive au niveau international.
Que souhaiterais-tu transmettre aux jeunes qui souhaitent devenir cuisiniers ou cuisinières ?
Cette formation offre beaucoup de possibilités. Elle permet de se perfectionner, de faire preuve de créativité et d’assumer des responsabilités. Aux jeunes, je dis : restez curieux, saisissez les opportunités et continuez d’avancer. L’armée offre un environnement idéal pour cela.
Bocuse d’Or Europe
Le concours de cuisine Bocuse d’Or Europe est l’une des quatre présélections continentales. C’est ici que se décide quelles équipes nationales participeront à la grande finale du concours à l’échelle mondiale à Lyon. Les éliminatoires européennes ont lieu tous les deux ans, à l’issue des épreuves nationales.
Apprentissage de cuisinier/ère CFC
Depuis 2006, nous proposons des places d’apprentissage pour une formation initiale de cuisinier/ère CFC sur des places d’armes. Une trentaine d’apprenti/e/s cuisinier/ère/s épaulent les équipes de cuisine militaire dans leur travail quotidien et contribuent ainsi grandement au maintien du moral des troupes.



