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Crisis Management Training and Simulation – Les cadres supérieurs de l’économie ont recours à la gestion militaire des crises

La méthode de gestion des crises développée par l’armée suisse, maintenant bien éprouvée, fait des émules au niveau international. C’est une fois de plus ce qui est ressorti d’un cours organisé au début du mois de juin 2017, qui a réuni des cadres du monde entier.

31.05.2017 | Comm FSCA

Le brigadier Peter Baumgartner, cdt de l’école centrale (EC), en conversation avec une participante
Le brigadier Peter Baumgartner, cdt de l’école centrale (EC), en conversation avec une participante

Les participants au cours se sont retrouvés sur les hauteurs de Saint-Maurice, en Valais, par une température extérieure de 28 ° C. Or, à 500 m au cœur de la montagne, dans l’ancien ouvrage fortifié de l’Armée suisse éclairé par de la lumière artificielle, la température n’excédait pas les 18 ° C ; c’est en effet dans un tel abri que les 46 futurs diplômés de l’International Institute for Management Development (IMD) de Lausanne ont suivi un cours de trois jours portant sur la gestion des crises, donné par le commandant de la formation au management, à l’information et à la communication (MIKA). Un exercice recréant les conditions réelles d’une situation de crise était au programme, ce qui impliquait de longues journées de travail et des nuits très courtes.  Le deuxième jour de cours, onze étudiants se sont retrouvés dans une salle sans fenêtres, où régnait une ambiance détendue malgré le manque de sommeil. La simulation s’est focalisée sur des situations complexes susceptibles d’arriver dans un aéroport suisse ; il s’agissait dans ce cas de l’évacuation d’un terminal suite à un problème de sécurité. Au petit matin, les participants à la simulation se sont donc mis dans la peau des responsables de l’état-major chargé de la gestion des crises à l’aéroport : ils ont appris qu’un volcan était entré en éruption en Islande et que le nuage de cendres se dirigeant directement vers le centre de l’Europe, il faudrait probablement ordonner la fermeture complète de l’aéroport. A chaque séquence de l’exercice, les fonctions étaient réattribuées et un nouveau chef d’état-major désigné. La tâche consistait, selon le chef d’état-major espagnol à la tête de l’un des quatre groupes formés pour la simulation, à assurer le mieux possible la sécurité des passagers et à éviter le chaos. Le plan idéal devait être à la fois modulable, simple, durable et économiquement réalisable. Le chef de groupe et lieutenant-colonel Martin Blum ainsi que l’observateur d’état-major et divisionnaire hors S Andreas Bölsterli ont assisté au briefing, à distance. Lors de la discussion qui a suivi, la séquence d’exercice a fait l’objet d’une évaluation par les instructeurs, qui se sont déclarés satisfaits. La prochaine étape consistait en l’élaboration d’options de décisions pour les responsables de l’aéroport. A ce stade, les participants ne savaient pas encore que la situation allait se compliquer au cours des 24 prochaines heures.

« Nous montrons aux participants, grâce à nos activités militaires de conduite, quelle méthode appliquer pour résoudre les problèmes » explique le divisionnaire hors S Bölsterli. Et d’ajouter : « Nous partons du problème, passons par l’évaluation de la situation et terminons par la prise de décision, l’élaboration d’un plan et la donnée d’ordre ; le scénario de l’aéroport n’est qu’un prétexte, ce qui signifie que notre méthode de gestion des crises peut être utilisée dans tous les domaines. » C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé un participant de la branche aéronautique ; pour lui et ses camarades provenant de 19 pays, le cours MIKA constituait la dernière séquence d’exercice avant la fin des études menant au titre d’Executive MBA. « Dans un cas réel du quotidien, je pourrai appliquer tel quel ce que j’ai appris ici ; le cours est très efficace et j’ai découvert beaucoup de choses en très peu de temps », a déclaré ce participant italien. En effet, la matière qui est habituellement enseignée lors du stage de formation de deux semaines doit être absorbée en trois jours seulement par les futurs Executive MBA de l’IMD : « C’est un défi pour nous, le programme est intensif et à cela s’ajoute le fait que les participants sont tous des décideurs dans leur vie professionnelle ; s’intégrer au sein d’un groupe en tant que subalterne n’est pas toujours facile. »

Au début de l’après-midi, un changement bienvenu s’est produit : le commandant de corps Aldo Schellenberg, également commandant des Forces aériennes et remplaçant du chef de l’Armée, a rendu visite aux participants. Le colonel EMG Thomas Keller, commandant MIKA, a fait les présentations : pour la plupart des participants au cours, provenant de tous les pays du monde, il était inhabituel de rencontrer un général trois étoiles. Après un repas de midi en commun, les participants se sont remis au travail ; le colonel EMG  Thomas Keller a quant à lui expliqué la séquence d’exercice à son invité tout en lui faisant voir la salle de cours ; le commandant de corps Aldo Schellenberg a résumé ainsi ses premières impressions : « Nous avons réussi à mettre au point nos activités de conduite militaires de manière à ce que leur pratique constitue un plus pour les dirigeants des autres Etats. Je suis fier que des personnalités de haut rang reconnaissent et appliquent notre méthode. » L’Armée suisse a ainsi l’assurance que son savoir peut être transmis et qu’elle apporte un bénéfice au niveau international. Le commandant de corps s’est déclaré convaincu que les échanges entre les militaires et un groupe multinational transversal ouvraient de nouveaux horizons aux deux parties.

En fin de soirée, le commandant des Forces aériennes et remplaçant du chef de l’Armée a pris congé des participants au cours, qui ont quant à eux terminé leur entraînement MIKA un jour plus tard, vers midi. Durant cet intervalle, ils ont encore dû faire face à quelques surprises et prendre un certain nombre de décisions.