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L’armée : un plus pour l’intégration des jeunes adultes d’origine immigrée

L’armée reflète la diversité culturelle de la société. Elle réunit un nombre croissant de Suisses et de Suissesses naturalisés. Sa capacité intégratrice et son prestige sont particulièrement importants parmi la « seconde génération ». Une recrue sur trois a au moins un parent étranger. Faisant preuve de beaucoup de motivation et d’engagement, ces jeunes adultes font souvent une belle carrière militaire.

20.05.2021 | Communication Défense, Fahrettin Calislar

Le sergent Srdjan Topić (à droite ) a effectué son école de recrues en tant que soldat de la circulation, avant d’opter pour une carrière de cadre. ©VBS/DDPS, Fahrettin Calislar

Sur les 660 000 citoyens et citoyennes suisses entre 15 et 24 ans, 130 000 sont issus de l’immigration. Environ une recrue sur trois est un enfant immigré de deuxième génération. Tout comme leurs camarades autochtones, ces personnes astreintes au service font partie du quotidien de l’Armée suisse. Depuis longtemps, celle-ci est considérée comme un moteur d’intégration dans une Suisse plurilingue. En outre, elle réunit dans une même caserne des jeunes gens originaires de tous les continents, les contraignant à cohabiter dans un espace restreint pendant un certain temps, pratiquement 24 heures sur 24. Des études montrent qu’un grand nombre de ces immigrés et immigrées de deuxième génération accomplissent leur service militaire avec conviction, détermination et motivation.

La Suisse, sa patrie

Voici l’exemple de Srdjan Topić. Ce jeune sergent d’origine bosniaque accomplit l’école d’officiers de la logistique 40. Il confie que ses parents sont ravis de sa décision : « Mon père était soldat dans l’armée yougoslave. Il est fier que je poursuive une carrière militaire. C’est mon plus grand admirateur. » Pour Srdjan Topić, le service militaire a toujours été une évidence. Il dit vouloir défendre sa patrie, la Suisse, où il est né et a grandi. Il souligne que c’est aussi le pays dans lequel il travaille, entouré de sa famille et de ses amis. Il précise que personne n’a encore mis en doute son appartenance à la Suisse ou sa loyauté, ni tenu de propos discriminatoires en sa présence. Même s’il subit parfois quelques railleries, il manie surtout l’autodérision. « Ici, tout le monde est suisse, le reste n’a pas d’importance », résume-t-il.

Tout comme ses camarades autochtones, il espère que son service militaire et le grade d’officier auquel il aspire seront un atout dans la vie civile : « J’aimerais assumer une fonction dirigeante dans ma profession. Je suis sûr que la formation militaire de cadre m’aidera à y parvenir. L’armée lui permet de prouver qu’il est capable de s’affirmer.

Des citoyens et des citoyennes en uniforme

La Suisse, et donc son armée, comptent une proportion relativement élevée de personnes issues de l’immigration. Si nombre d’entre elles sont déjà bien intégrées, l’armée contribue de manière décisive à leur intégration sociale et structurelle en veillant à l’égalité de traitement et à l’inclusion. Quelle que soit leur origine, les militaires sont des citoyens et des citoyennes suisses en uniforme, qui sont acceptés comme tels dans la société. La « seconde génération » bénéficie ainsi des avantages conférés par l’armée tout en lui apportant une plus-value, la diversité, dont s’enrichira toute la société.

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Intégration et identification

Un important potentiel d’intégration et d’identification

D’après Tibor Szvircsev Tresch, professeur de sociologie militaire à l’Académie militaire (ACAMIL) de l’École polytechnique fédérale de Zurich, de nombreux jeunes adultes issus de l’immigration considèrent que l’école de recrues, voire une carrière de cadre militaire, les aidera à réussir leur vie privée et professionnelle. Le sociologue précise que ce raisonnement se rencontre surtout chez celles et ceux qui peinent à s’insérer sur le marché du travail, dont l’origine est apparente ou qui portent un nom à consonance étrangère. Selon lui, un candidat ou une candidate d’origine immigrée qui craint une inégalité de traitement lors de la procédure d’embauche tiendra à faire valoir sa fonction de cadre militaire pour marquer des points. Il ajoute que beaucoup s’identifient fortement aux valeurs du pays, croient davantage en la capacité de défense de l’armée que leurs camarades suisses « de souche » et estiment que défendre la patrie constitue une bonne preuve d’intégration et d’appartenance.

Pour terminer : plusieurs conclusions relatives à la capacité intégratrice de l’armée s’appliquent également à certains membres des minorités linguistiques du pays, pour lesquels la capacité à s’adapter à la majorité représente une sorte de label d’appartenance.

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