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Les hommes du feu au service de la sécurité

Les sapeurs-pompiers du piquet de sauvetage des bases aériennes suisses s’entraînent depuis douze ans aux Pays-Bas, sur une installation spéciale offrant des conditions à la fois réalistes et sécurisées. Ils continueront de procéder ainsi en attendant la réalisation d’une infrastructure semblable à Payerne.

19.09.2018 | Communication Défense

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Un groupe de sapeurs-pompiers à l’entraînement.

« Ne vous giclez jamais les uns les autres ! », rappelle l’instructeur après un exercice d’extinction effectué par un groupe de sapeurs-pompiers près d’une maquette d’avion. « Votre équipement perd rapidement son effet protecteur lorsqu’il est mouillé », souligne Ruben Romero, commandant du piquet de sauvetage de Payerne. Les dix hommes acquiescent de la tête. Pour ces collaborateurs travaillant dans le domaine de l’entretien sur une base des Forces aériennes, la participation au piquet de sauvetage est une deuxième fonction officielle. En cas d’incendie, ils doivent être sur place dans les trois minutes au maximum, prêts à lutter contre le feu.

Il est important de s’entraîner à combattre le feu dans des conditions réalistes. Toutefois, cela n'est pas encore possible en Suisse du fait de la vétusté des installations existantes. La base aérienne néerlandaise de Woensdrecht est actuellement la seule alternative viable. Le personnel de l’organisation professionnelle s’y rend une fois par année. De même, une semaine de formation attend prochainement 32 membres de l’école de recrues d’aviation 81. « Si nous voulons nous former de manière efficace et respectueuse de l’environnement, il nous manque les installations nécessaires en Suisse », déplore le lieutenant-colonel Hans Schmid, commandant du piquet de sauvetage d’aérodrome. À Woensdrecht, les hommes du feu peuvent s’exercer dans des conditions réalistes et sécurisées grâce à des simulateurs et des appareils de contrôle modernes. « Mais il est également important de pouvoir nous entraîner ici, avec notre matériel, nos appareils, nos véhicules. » C’est pourquoi des camions de pompiers et autres véhicules du feu sont régulièrement convoyés aux Pays-Bas. Convaincu de la nécessité de ces déplacements, Hans Schmid évoque toutefois l’augmentation constante des charges, notamment administratives.

Les entraînements à l’étranger, bientôt de l’histoire ancienne

Au total, 500 sapeurs-pompiers du piquet de sauvetage se sont succédé à Woensdrecht depuis le début des campagnes d’entraînement en 2006. Selon Hans Schmid, sept ans peuvent s’écouler avant qu’un collaborateur puisse à nouveau participer à une semaine de cours. De plus, l’introduction d’un service de police aérienne permanent (24 h/24) augmente la nécessité de disposer de sapeurs-pompiers supplémentaires. Selon Markus Kleist, gestionnaire de projet pour les systèmes d’aérodrome, rien qu’à Payerne, le nombre de pompiers nécessaire est multiplié par deux. Par ailleurs, les délais d’intervention deviennent de plus en plus courts, ce qui augmente encore l’importance d’une instruction spécialisée sur ce type d’engagement. En cas d’incendie, un missile de guerre doit être refroidi dans les 90 secondes, ce qui rend la situation délicate, relève Hans Schmid. La nouvelle installation de Payerne permettra à tous les membres du piquet de sauvetage, civils et militaires, de recevoir une instruction appropriée au moins une fois par année, ajoute Markus Kleist. L’entraînement sera également accessible aux formations en CR, ce qui n’est pas autorisé actuellement par la législation militaire.  

À terme, les Forces aériennes renonceront à s’entraîner aux Pays-Bas. Devisé à 28 millions de francs, « Phénix », le nouveau centre de lutte contre le feu de la Base aérienne de Payerne, permettra aux Forces aériennes de garder la compétence d’instruction en Suisse en créant les capacités d’entraînement aujourd’hui manquantes et en évitant des déplacements coûteux à l’étranger. « Le projet est sur la table depuis 2006. Grâce au centre de formation pour la lutte contre le feu Phénix de Payerne, toutes les compétences requises pour lutter contre les incendies d’aéronefs seront regroupées sous le même toit », souligne encore Markus Kleist.

Selon les responsables, l’autorisation de construire devrait être octroyée début 2019. Les travaux devraient démarrer immédiatement après.

Video

Entraînement du piquet de sauvetage suisse à Woensdrecht, septembre 2018

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