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Mission en altitude

Le 9 mai dernier, l'armée suisse a effectué le transport aérien d'une grue de chantier sur la Rigi, en Suisse centrale. Cet engagement s'inscrivait dans un projet d'agrandissement d'une étable, soutenu par l'Aide Suisse aux Montagnards. Récit d'une mission exigeante pour les deux pilotes, le major Thomas Hügli et le capitaine Philippe Weber, ainsi que pour les loadmasters.

24.05.2018 | Communication Défense

Super Puma

 

L'Aide Suisse aux Montagnards s'engage en faveur des populations de montagne en les soutenant dans des projets divers. Ce soutien, Rony Camenzind, sa femme Monika et leurs quatre enfants à Vitznau en bénéficient pour l'agrandissement de leur étable qui se situe à environ 1170 mètres d'altitude sur la Rigi et qui n'est accessible par aucune route. Par conséquent, la voie des airs constitue le seul moyen pour acheminer le matériel lourd que nécessite le chantier. Face à l'ampleur du projet, L'Aide Suisse aux Montagnards a décidé de faire appel à l'armée pour assurer une partie du transport aérien. Comme le précise Monika Camenzind: "C'est du 50/50, le transport aérien est assuré à moitié par des hélicoptères civils, à moitié par ceux de l'armée. Sans l'aide de l'armée, ce serait financièrement impossible".

Déroulement des opérations:

La journée du 9 mai commence à 7h30 à la base aérienne d'Alpnach au bord du Lac des Quatre Cantons, à cinq minutes de vol seulement de Vitznau. L'hélicoptère est prêt sur le tarmac et le soleil se lève dans un ciel bleu sans nuage. Les conditions s'annoncent idéales. Le major Thomas Hügli, pilote professionnel, communique les informations de la mission aux six loadmasters présents ainsi qu'à leur chef, Karl Müller. Tous sont des professionnels de la base aérienne. La mission s'annonce difficile. Du haut de ses 34 ans d'expérience, Karl Müller le dit d'emblée: "C'est une intervention délicate, le dépôt de la grue constituera le point critique".

Une trentaine de minutes plus tard, le Super Puma dépose tout le monde devant l'étable de la famille Camenzind avant de repartir aussitôt chercher son premier chargement. Il s'agit d'un contrepoids pour la grue, un énorme bloc de béton de plusieurs centaines de kilos.

Les pilotes effectuent pas moins d'une dizaine d'allers-retours dans la matinée. Après les contrepoids, ils amènent les différentes parties de la grue, en commençant par le châssis qui dépasse les deux tonnes. Les loadmasters sont concentrés car les approximations peuvent coûter cher avec des charges aussi lourdes.

En début d'après-midi, le Super Puma amène les derniers chargements de bois et peut finalement se poser à proximité du bâtiment. Le major Thomas Hügli en profite pour faire un court débriefing avec ses hommes: "Je crois qu'on peut le dire: Mission accomplie !" Une chance, car le temps tourne rapidement et la pluie menace. A 14h, toute l'équipe est de retour à la base aérienne.

Des conditions idéales pour un engagement difficile

La mission s'est déroulée sans encombre et a été facilitée par des conditions de vol idéales. Comme le souligne le pilote, plusieurs facteurs influencent ce genre de transport, à commencer par les conditions météorologiques. L'altitude joue aussi un rôle particulier sur la charge que peut soulever l'hélicoptère. Plus elle est élevée, moins ce dernier peut supporter de charge. "C'était limite", confesse le pilote, le sourire en coin, "mais tout s'est passé de manière optimale, je ne pensais pas qu'on accomplirait la mission aussi vite".

"C'est vraiment beau d'avoir le soutien de l'armée dans ce projet", s'est réjoui Rony Camenzind au terme d'un engagement maîtrisé de bout en bout. Le travail de l'armée ne s'arrête toutefois pas là. En juin, une escadre de transport aérien en cours de répétition effectuera un nouveau transport de matériel. La fin du chantier prévue vers octobre et le rapatriement des machines seront aussi l'occasion d'une nouvelle mission.