De Pristina à Sarajevo : les mandats de transport auprès de la KFOR
Sur mandat du Joint Logistic Support Group, la section suisse de transport au profit de la KFOR a acheminé dernièrement quatre chars de grenadiers hongrois du Kosovo en Bosnie-Herzégovine. Pour cette mission qui sort de l’ordinaire, les conductrices et conducteurs de poids lourds de la SWISSCOY ont dû emprunter des routes difficiles. Voici un compte rendu de cette expédition, de ses préparatifs à sa destination.
Lorsqu’un État membre de la KFOR a besoin d’un appui dans le domaine du transport de personnes ou de matériel, il adresse une demande au Joint Logistic Support Group (JLSG). En collaboration avec la section de transport du contingent suisse et celle de la délégation autrichienne, les opérations nécessaires sont alors coordonnées. Les déplacements transfrontaliers demandent un travail d’organisation de longue haleine. Cette responsabilité incombe à l’officier de liaison suisse (LNO), rattaché au JLSG ; il détermine qui a les capacités pour exécuter le mandat et se charge de toute la planification en arrière-plan, dont un grand nombre de formalités liées au passage des frontières. Il faut informer l’organe de contrôle des mouvements (Movement Control) du JLSG, remplir les formulaires de douane, les remettre dans les temps aux personnes concernées et prévoir des escortes de police militaire issue de chaque pays traversé pour protéger le convoi. En effet, celles-ci sont nécessaires en cas de transport de plusieurs véhicules, de munitions ou de matériel sensible, comme c’est le cas pour les chars de grenadiers à pneus de l’armée hongroise, acheminés jusqu’en Bosnie-Herzégovine.
Planification et organisation : les clés de la réussite
Dernièrement, un mandat de transport au profit de la KFOR a dû être exécuté pour envoyer, du Kosovo en Bosnie-Herzégovine, quatre chars de grenadiers à pneus hongrois. La mission a démontré à quel point une coopération globale entre les diverses parties impliquées est essentielle. La coordination des transports est en effet complexe, car plusieurs services sont concernés. Pour la planification et l’organisation, la délégation suisse agit sur tous les fronts. Ces tâches exigent un grand travail de communication. Compiler, transférer et traiter les données essentielles pour le mandat : le flux d’information doit en permanence être maintenu pour toutes les parties. Aussitôt que la planification est terminée commencent les préparatifs du transport. C’est là qu’interviennent les conductrices et conducteurs, responsables du chargement des chars de grenadiers et de la sécurité du transport.
Sécurité du chargement : un travail d’équipe
Il règne une grande effervescence sur le terrain réservé aux véhicules du Camp Novo Selo. Les camions sont prêts et les chars de grenadiers arrivent. Les membres suisses et hongrois de la KFOR s’accordent brièvement sur quelques points, quand vient enfin le Go : le chargement peut commencer. Devant chaque camion se tiennent deux militaires suisses, qui assurent la coordination. Les chars de grenadiers sont conduits par des militaires hongrois, car chaque État à l’obligation de piloter ses propres véhicules. Les militaires sur place connaissent bien leur rôle, et cela se manifeste par une collaboration efficace. Hormis les moteurs qui vrombissent sur le site, il règne un calme étonnant. Malgré les quinze tonnes à déplacer, le chargement se passe sans problème. Mais derrière une facilité apparente se cache un travail qui exige beaucoup de précision et d’énergie. Les larges chars de grenadiers doivent être placés au millimètre sur les remorques, pour y être arrimés et sécurisés. C’est indispensable, d’autant plus que le voyage jusqu’en Bosnie-Herzégovine dure deux jours, que les routes sont cahoteuses et que les militaires doivent franchir des cols. L’arrimage se fait au moyen de sangles et de chaînes de fixation. Les militaires les tendent de toutes leurs forces. La tâche demande aussi un solide travail d’équipe, accompli sans qu’il ne soit nécessaire de prononcer une parole. On procède aux dernières vérifications, puis on fait signe aux collègues hongrois : We are done ! Tout est fixé et sécurisé comme il se doit. Pour terminer, les militaires font des courses d’essai, incontournables et obligatoires, autour de Camp Novo Selo. On y teste également le freinage d’urgence pour garantir que, le lendemain matin, l’arrimage tienne et qu’aucun obstacle ne surgisse sur la route des militaires.
Une route exigeante
À bord de chacun des quatre camions, il y a respectivement deux conducteurs ou conductrices du contingent suisse, qui se relaient régulièrement. Le voyage commence à Camp Novo Selo, près de la capitale kosovare, Pristina, en direction de l’Albanie. Une fois la frontière passée, la route grimpe vers les montagnes et s’engouffre dans plusieurs tunnels, avant de redescendre le long de la côte. Après la traversée du Monténégro et une halte dans une caserne, les militaires arrivent enfin à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine. Les chars de grenadiers sont alors déchargés en toute sécurité et les conductrices et conducteurs suisses rebroussent déjà chemin vers Camp Novo Selo. Une mission rondement menée.

