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Nos interventions nous permettent d’avancer

« Nous mettons l’accent sur l’engagement ; c’est lui qui détermine ce que nous devons faire et savoir faire », déclare le colonel EMG Niels Blatter, commandant du centre de compétences NBC-DEMUNEX. Une centaine de personnes travaillent en ces lieux, non seulement dans le cadre de multiples interventions, mais également dans celui de la doctrine et de l’instruction. Le commandant de corps Thomas Süssli, chef de l’Armée, a pu se faire une idée du vaste profil de prestations de ce centre.

20.08.2021 | Communication commandement de l’Instruction, Michael Senn

Le CdA télécommande un robot de déminage.
Le commandant de corps Thomas Süssli, chef de l’Armée, a visité le centre de compétences NBC-DEMUNEX. Il a également mis la main à la pâte. ©VBS/DDPS Alex Kühni, CME

La visite du chef de l’Armée a débuté par la « mère de toutes les diapositives », comme se plaît à la nommer le col EMG Blatter. Cette image résume différents scénarios de menaces CBRNE (chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosives). Et dans ce domaine, les dangers potentiels ne manquent pas : bombes sales, colis piégés, ricine ou encore d’autres poisons, tels que ceux qui ont été utilisés dans les affaires Skripal et Navalny… Ces derniers temps, on a pu assister à l’émergence de nombreuses innovations qui permettent, avec des moyens modestes, de générer d’importants dégâts. Cela se passe également non loin de la Suisse. Face à ces nombreuses menaces capables d’évoluer très rapidement, le centre de compétences (cen comp) doit continuellement s’adapter. Une étroite collaboration avec le Laboratoire de Spiez ainsi qu’avec des partenaires internationaux est donc essentielle.

Déminage à distance

À la sortie de la salle de théorie, un véhicule d’intervention a conduit le chef de l’Armée sur la place d’armes de Thoune. Des spécialistes de l’élimination des ratés (spéc EMUNEX) l’attendaient à proximité d’une fosse ; ils lui ont montré comment ils procédaient pour éliminer un dispositif explosif et incendiaire non conventionnel installé dans un coffre. Vêtu d’un équipement lourd pesant près de 40 kg, l’un des spéc s’est approché du coffre pour le radiographier, obtenant ainsi une image de la construction du dispositif et de son mécanisme d’allumage. Un robot télécommandé s’est chargé de l’étape suivante, qui consistait à désamorcer le dispositif : il s’est approché de celui-ci, puis il a, par un coup ciblé, anihilé le mécanisme d’allumage. Les images vidéo envoyées par le robot ont permis de constater que l’objet ne représentait plus aucune menace. Il a donc pu être éliminé manuellement.

Réglé comme une horloge suisse

Le cen comp NBC-DEMUNEX est comparable à un mouvement d’horlogerie. Dans cette métaphore, les interventions alimentent le mécanisme qui fait tourner les rouages de l’instruction et de la doctrine. « Chaque membre de mon équipe participe à des interventions et s’engage dans des projets. Les expériences pratiques que nous faisons à l’extérieur nous permettent d’améliorer nos bases ainsi que notre instruction », se réjouit le col Daniel Widmer, commandant DEMUNEX. Un assortiment de référence de plus de 5000 objets , une banque de données et de nombreux autres documents de formation ont notamment été rassemblés. Et Spiez ne se contente pas d’instruire ses propres gens : le personnel de la BLA , les polices cantonales et, à l’avenir, d’autres militaires y recevront une formation. Sur place, le chef de l’Armée a pu apprécier la fiabilité et la précision de cette formidable horloge suisse.

Photos

Interventions réelles

Des interventions réelles chaque jour

Le cdmt DEMUNEX, rattaché au cen comp NBC-DEMUNEX, dispose de ses propres spécialistes en matière de déminage et d’élimination des munitions non explosées. Étant ainsi à même de combattre toute menace potentielle provenant de mines, de ratés, de dépôts de munitions ou encore de dispositifs explosifs et incendiaires non conventionnels, il effectue quotidiennement des interventions réelles en Suisse et à l’étranger. Curieusement, la pandémie de coronavirus a augmenté sa charge de travail. Dans le domaine de l’élimination des munitions non explosées, l’annonce de ratés a augmenté de 40 % l’année passée en Suisse. Lorsque les gens se sont mis à ranger leur cave et à multiplier les promenades dans la région, la ligne téléphonique de la Centrale d’annonce des ratés a surchauffé.

Depuis 2010, une équipe suisse d’élimination des munitions non explosées EOD (Explosive Ordnance Disposal) se trouve en permanence au Kosovo. Les spécialistes DEMUNEX s’engagent également dans le domaine du déminage humanitaire, par ex. en République démocratique du Congo et dans de nombreux autres secteurs d’engagement. Depuis environ deux ans, le cdmt DEMUNEX s’occupe également de l’assainissement des places de tir. Dans toute la Suisse, il y avait autrefois près de 2200 zones de but, dont seulement 600 sont encore utilisées à l’heure actuelle. Il convient dès lors, sans attendre le signalement de ratés, de nettoyer les zones qui ne sont plus en fonction. Il s’agit d’un projet d’envergure, en vue duquel le personnel du cdmt DEMUNEX a été étoffé. Pour l’heure, il est encore impossible d’établir un pronostic sur la durée des travaux d’assainissement.