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Construire dans la roche

L’air est humide et froid, il fait sombre et il n’y a pas de réseau. Certains locaux de l’armée comme les centres de calcul requièrent une sécurité maximale et sont dès lors construits dans la roche, ce qui s’accompagne de défis particuliers.

08.04.2021 | Communication Défense, Anna Muser

Quand les galeries d’accès sont trop étroites, il arrive que les engins doivent être assemblés sur place. © VBS/DDPS; armasuisse

Andreas travaille sur un chantier dans la roche. Il s’agit de construire un centre de calcul de l’armée. Avant de se mettre à la tâche, il enfile sa tenue de protection et prend sa lampe de poche. L’installation étant classifiée, les smartphones doivent être laissés au vestiaire, en raison de la caméra dont ils sont équipés. Il n’y a de toute façon pas de réseau dans les galeries. Les ouvriers sont donc également équipés d’un appareil radio.

Il est difficile d’accéder à l’installation. Tous les engins, les matériaux de construction et les outils doivent être transportés sur le lieu de travail par des galeries d’accès spécifiques parfois étroites. Les grands engins doivent être démontés avant d’être transportés dans les galeries, puis remontés.

Des employés d’entreprises externes doivent entrer dans l’installation pour planifier et réaliser les travaux et pour exécuter la mise en service. Tous sont soumis à un contrôle de sécurité relatif aux personnes. Cela signifie que si l’un d’entre eux devait être dans l’impossibilité de se rendre au travail, seule une personne ayant également passé ce contrôle pourrait le remplacer. Cette exigence doit être prise en considération lors de la planification, car ce contrôle prend beaucoup de temps. En situation exceptionnelle, comme pendant la pandémie de coronavirus, le personnel peut venir à manquer.

Obligation de prendre l’air frais

Travailler dans la roche signifie pour les ouvriers qu’ils passent de longues journées sans voir la lumière du jour. C’est pourquoi des consignes particulières s’appliquent à leur travail. Andreas nous apprend qu’à midi, tous ont l’obligation de sortir pour prendre l’air et voir la lumière naturelle, pour des raisons de santé. Mais il aime travailler dans la roche et contribuer à la sécurité de la Suisse.

Pas de souci en revanche pour ce qui est du mouvement. Les distances sont longues sur le chantier. Il est donc indispensable de disposer de moyens de communication adéquats. Outre les appareils radio, des téléphones spéciaux sont mis à disposition. Et en certains endroits, il y a des vélos afin que les ouvriers puissent se déplacer rapidement.

Mesures de protection particulières

Andreas doit rester anonyme parce qu’il voit et a connaissance de choses qui pourraient être intéressantes pour des tiers. Il trouve parfois pesant de ne pouvoir parler de ce qui se passe au travail qu’avec un nombre restreint de personnes. Il ajoute que dans son métier, il est nécessaire de faire preuve d’une certaine prudence de base. Les échanges avec les autres membres de l’équipe prennent dès lors d’autant plus d’importance.

Le centre de calcul dans la roche est protégé contre les dangers naturels et les effets des armes. Il y a donc plus à faire que si la construction avait lieu dans une zone dégagée. Suivant l’endroit où le chantier se situe dans la roche, il peut être nécessaire de creuser des mètres de galerie supplémentaires pour assurer l’arrivée d’air et l’évacuation des gaz d’échappement durant les travaux. S’il est relativement facile d’installer les conduites électriques et les lignes de communication, la mise en place des dispositifs servant à réchauffer et à évacuer les gaz de l’alimentation électrique de secours est considérablement plus complexe.

Ces travaux permettent d’augmenter sensiblement la sécurité des données et des applications qui se trouvent sur les serveurs. Ces derniers peuvent être comparés à un cerveau et la roche au casque les protégeant. Le but est de sécuriser les applications informatiques de l’armée et d’en assurer la disponibilité.

L’installation souterraine est d’une dimension impressionnante. © VBS/DDPS; armasuisse