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Le commandement DEMUNEX s’aventure en terrain inconnu

Le commandement DEMUNEX recherche les ratés, les débris de munitions et autres objets qui se sont accumulés durant des décennies dans le haut-marais de Tramelan (BE). Par la suite, cette réserve naturelle sera revitalisée. Malgré des conditions difficiles, les travaux avancent bien et tous les participants profitent de cette expérience.

12.10.2020 | Communication Défense, Michael Senn

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Le marais devait être asséché par drainage pour le rendre utile. Le secteur est aujourd’hui débarrassé des ratés, avant les travaux de revitalisation. (Photos: VBS/DDPS, Alex Kühni)

Le commandement DEMUNEX ne s’était encore jamais occupé d’un projet d’une telle envergure : les spécialistes de Spiez mènent des recherches laborieuses sur environ 60 000 m2. Le haut-marais de Tramelan, situé tout près de la frontière avec le canton du Jura, a été utilisé par l’Armée suisse comme zone de buts pour l’artillerie et les Forces aériennes du début du 20e siècle à environ 1973. Il y a une centaine d’années, la tourbière avait été drainée dans le but de l’assécher. Des efforts inverses doivent maintenant être entrepris. Afin que les travaux de renaturation puissent se dérouler en toute sécurité, les débris accumulés depuis plusieurs décennies sont maintenant retirés.

Saisir, fouiller et enlever

Par équipes de deux, des militaires cartographient des secteurs prédéfinis à l’aide d’instruments modernes comme des détecteurs, des systèmes GPS et les appareils d’enregistrement qui y sont raccordés. À l’ordinateur, les données ainsi collectées sont reportées sur des cartes d’anomalies. Suivant le détecteur utilisé, il est plus ou moins facile de déterminer la taille et la profondeur des objets dans le sol.

L’étape suivante consiste à analyser à nouveau le secteur, cette fois-ci à l’aide d’un appareil plus petit, qui permet de marquer avec précision les endroits où des éléments ont été retrouvés. La terre est ensuite dégagée à la pelle systématiquement, chaque pelletée étant divisée de moitié, toujours plus petite, jusqu’à ce que l’objet soit retrouvé et puisse être prélevé. Les éléments sont alors enregistrés, avant que la zone ne soit à nouveau mesurée pour garantir un niveau de qualité aussi élevé que possible.

Une zone de buts particulière

Il est parfois difficile d’identifier les objets retrouvés. Le terrain ayant été utilisé durant de longues années, il recèle différents types et générations de munitions. Outre des projectiles d’artillerie, les munitions de 20 et 30 mm des avions Vampire, Venom, Hunter et Mirage constituent une grande partie des objets retrouvés.

En raison de l’altération due aux conditions climatiques ou à d’autres facteurs, il est parfois presque impossible de savoir s’il s’agit de munitions pour tir réel ou à blanc. Dans de tels cas, il est préférable de privilégier la sécurité. Les ratés pouvant être transportés sont rassemblés et mis à feu ensemble, tandis que tous les autres sont désamorcés sur place.

Un travail précieux pour la sécurité

Il est exceptionnel que les experts de l’élimination de munitions non explosées soient amenés à intervenir dans les marais. La végétation, les sols peu praticables et la couche de tourbe épaisse et lourde entravent l’utilisation du matériel, ce qui complique le travail des militaires. Grâce à leur bonne formation, un équipement moderne et une concertation régulière entre les troupes, le projet avance toutefois bien. L’objectif fixé pour cette année a déjà été atteint, si bien que l’on prend maintenant de l’avance sur celui de 2021.

Lorsque la température baisse, il devient très difficile d’estimer jusqu’à quand il sera possible de travailler sur le marais. Le camp doit être levé à Tramelan au plus tard quand le sol humide gèlera. D’ici là, le commandement DEMUNEX et ses experts fournissent un travail précieux en faveur de la sécurité des personnes qui se chargeront de la suite des travaux.

Photos

Les experts

Premier engagement réel pour 18 nouveaux experts de l’élimination de munitions non explosées

Le travail dans les marais est effectué exclusivement par les 18 nouveaux experts de l’élimination de munitions non explosées qui ont commencé leur formation en novembre 2019. Répartis en deux équipes, ils travaillent durant environ six mois à Tramelan. L’un d’entre eux s’appelle Joël* : « Cet engagement me change du travail de bureau. C’est surtout dans le domaine de l’identification des objets trouvés que nous avons beaucoup appris. On ne trouve une telle diversité qu’en engagement réel, ce qu’aucun module de formation ne peut remplacer. »

Début 2019, le Secrétariat général du DDPS et le Conseil fédéral ont approuvé la création de dix-huit nouveaux postes de spécialistes au Centre de compétences NBC-DEMUNEX de Spiez pour l’assainissement des anciennes zones de buts.

*Les noms ont été modifiés afin de garantir l’anonymat des personnes concernées

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