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Échanges d’expériences – les recteurs rendent visite au cdmt Instr

« Depuis la dernière Journée des recteurs, nous avons assisté à la parution du dépliant Notre armée – ta chance. Vous vous y êtes investis sans compter vos efforts, et je vous en remercie vivement ». C’est avec ces quelques mots que le chef du commandement de l’Instruction (cdmt Instr), le cdt C Daniel Baumgartner, a salué ses invités, une vingtaine de recteurs qui avaient été conviés en vue d’un échange d’expériences entre les écoles et l’armée.

22.06.2018 | Cdmt Instr

Le chef cdmt Instr, cdt C Daniel Baumgartner, en pleine conversation avec les recteurs.
Le chef cdmt Instr, cdt C Daniel Baumgartner, en pleine conversation avec les recteurs.

Puis, le cdt C Baumgartner a souhaité la bienvenue au premier orateur, le conseiller fédéral Guy Parmelin. Le chef du DDPS a remercié les recteurs d’avoir accepté l’invitation, car les occasions d’avoir des échanges directs avec des acteurs de la formation sont assez rares pour un conseiller fédéral. « Nous avons les mêmes intérêts et les jeunes personnes auxquelles vous dispensez votre enseignement font partie de notre groupe cible », a-t-il souligné. En dépit de la situation relativement stable, notamment en termes de sécurité, que nous vivons en Suisse, le chef du DDPS estime que les jeunes doivent comprendre les défis, les risques et les dangers potentiels qui guettent notre pays, connaître les solutions adéquates pour y faire face et prendre conscience de la responsabilité qui incombe à tout citoyen. « La sécurité est à la fois un droit et un devoir. Elle fait partie de l’éducation civique », a-t-il rappelé. Si, selon lui, l’étude Sécurité 2018, réalisée par l’Académie militaire à l’EPF de Zurich, a démontré que la majorité de la population était favorable à l’armée, elle a aussi révélé que de nombreuses personnes partageaient cette opinion tant qu’elles n’étaient pas directement touchées. « Nous devons informer les jeunes de manière objective, et ce, également en-dehors du cadre militaire », a indiqué le chef du DDPS, avant de faire remarquer qu’il existait quelques soucis de coordination entre le début de l’ER le 25 juin et les examens de fin d’apprentissage ou de maturité. Aussi a-t-il incité les écoles et l’armée à faire preuve d’une certaine souplesse les unes envers les autres. Pour conclure son discours, le conseiller fédéral Guy Parmelin a tenu à attirer l’attention de l’assistance sur un problème fondamental : « Nous devons lutter contre l’érosion constante de nos effectifs ». Et d’ajouter : « Le système de milice constitue l’un des piliers essentiels de notre sécurité. Aussi est-il nécessaire, à long terme, de recruter suffisamment de soldats sous peine de remettre ce système en question ». Le chef du DDPS a aussi souligné l’importance d’attirer l’attention de tous les conscrits, y compris les femmes, sur leurs responsabilités et sur les défis qui les attendent : « Rappelons à nos jeunes gens quels sont leurs devoirs, sans pour autant omettre de rechercher les meilleures solutions possibles pour leur permettre de concilier l’armée avec leur formation ».

Le chef du DDPS, le conseiller fédéral Guy Parmelin : « La sécurité est à la fois un droit et un devoir. »
Le chef du DDPS, le conseiller fédéral Guy Parmelin : « La sécurité est à la fois un droit et un devoir. »

Par la suite, les recteurs ont eu la possibilité de poser des questions au conseiller fédéral. Un directeur du canton de Vaud a indiqué que les examens de maturité de ses élèves tombaient exactement durant la semaine où débutait l’école de recrues d’été. Le chef du DDPS a rappelé que la convention selon laquelle l’école de recrues devait commencer une semaine plus tôt ne pouvait pas être modifiée durant la phase de mise en œuvre du développement de l’armée (DEVA). Le cdt C Baumgartner a souligné que les règles avaient été clairement établies à l’avance, en ce sens que les commandants d’école avaient été expressément priés d’accorder généreusement des congés aux recrues qui avaient des examens ou des remises de diplôme durant leur ER. Il a d’ailleurs envoyé ensuite une directive à tous les commandants d’école ainsi qu’à tous les commandants des formations d’application confirmant ces règles.

Après une courte pause, durant laquelle des discussions animées ont eu lieu, le chef cmdt Instr a pris la parole : « Je souhaite que l’armée puisse à nouveau éveiller l’intérêt des adolescents âgés de 14 à 18 ans ». Selon lui, le débat doit avoir lieu, quand bien même il serait critique : « Les écoles ont un intérêt à fournir un bagage suffisant à leurs élèves ». Il a souligné que l’armée, elle aussi, se devait d’apporter son soutien en informant de manière adéquate. « Les recteurs et les enseignants sont au premier rang pour toucher la jeune génération », a indiqué le cdt C Baumgartner. Il a ensuite expliqué que l’armée examinait actuellement la possibilité de permettre à tous les aspirants de passer une journée dans leur établissement scolaire aux fins d’y témoigner de leurs expériences militaires. « Les visites organisées auprès du gymnase de Soleure et de l’école monastique de Disentis ont donné lieu à des échos très favorables, en particulier de la part des filles, qui se sont beaucoup intéressées au parcours des aspirantes», a rapporté le cdt C Baumgartner.

L’après-midi a débuté par un exposé du div Andreas Stettbacher, médecin en chef de l’Armée (méd chef A), dont le but principal était de démontrer aux recteurs les avantages d’une formation de médecin militaire. « En 2009, nous avons vécu une véritable pénurie ; seuls sept aspirants médecins se sont présentés », a-t-il déploré. D’après lui, compte tenu du fait que les médecins militaires doivent, selon les chiffres de 2017, faire face à 104 500 consultations et administrer 123 000 traitements par année, la relève n’est pas assurée. « Pourtant, le Centre de compétences pour la médecine militaire et de catastrophe de la Confédération offre une formation complémentaire approfondie aux étudiants et futurs étudiants en médecine », a précisé le divisionnaire. En effet, un futur médecin militaire a accès à de nombreuses formations utiles, notamment à des cours d’introduction à la médecine en cas de catastrophe, ainsi qu’à des cursus menant à des certificats internationalement reconnus tels que Prehospital / Advanced Medical Life Support (PMLS et AMLS). « Nos médecins militaires sont impeccablement formés et extrêmement motivés ; ils apprennent à résister au stress et ils réussissent en général leurs examens avec brio », a constaté le méd chef A.

Lt Mischa Bongni raconte ses expériences de jeune cadre aux recteurs.
Lt Mischa Bongni raconte ses expériences de jeune cadre aux recteurs.

La journée s’est achevée sur le témoignage de jeunes officiers au sujet de leur formation de cadre militaire, de la valeur ajoutée que représentait celle-ci et des défis qu’ils y avaient rencontrés ; ils ont également pu exprimer leurs attentes à l’égard des personnes présentes. Ces 13 officiers, âgés entre 19 et 27 ans, ont unanimement reconnu que la formation de cadre représentait un investissement considérable en temps et en énergie, et qu’ils avaient dû mettre leur vie privée entre parenthèses quelques temps. La plupart ont vécu la conduite d’un groupe très hétérogène comme un défi. La grande majorité de ces jeunes hommes a toutefois considéré que cette expérience de cadre militaire leur avait beaucoup apporté, et qu’ils allaient pouvoir jouer cet atout dans leur vie professionnelle : ils avaient notamment appris à assumer la responsabilité d’un groupe de personnes, à gérer les ressources et à travailler en équipe. Pour finir, ils ont invité les recteurs à donner aux futures générations d’élèves davantage d’informations sur l’Armée suisse et sur les différentes possibilités de carrières militaires.

Tout en les remerciant d’avoir participé à cette journée, le cdt C Baumgartner a encore assuré aux recteurs qu’ils n’avaient qu’à lui faire signe si leurs élèves avaient envie d’obtenir plus d’informations sur l’armée : « Il vous suffit de nous appeler, et nous viendrons volontiers ! »