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L'aigle valaisan veille

Pour la première fois, la formation aviation 14 (fo av 14) surveillera le ciel au-dessus du WEF depuis Payerne au lieu de Sion. Un aperçu de l'engagement avec le commandant, le colonel Patrick Favre, officier de milice.

13.01.2020 | CUMINAIVEL | pi/lj

Davoser Adler Luftwaffe

 

Lorsque les capitaines d'industrie et les chefs d'État se réuniront à Davos à la fin du mois de janvier, tous les regards seront tournés vers les Grisons. Tous ? Non ! Car une partie essentielle de l'engagement en faveur des autorités des Grisons sera gérée depuis Payerne. En collaboration avec les professionnels de la base aérienne, la fo av 14 assurera la sécurité de l'espace aérien au-dessus du WEF. Celui-ci sera fermé pour la durée du meeting annuel, comme ceci est de coutume lors de conférences internationales d'une telle ampleur.

Les forces aériennes suisses seront responsables de contrôler et de faire respecter cette interdiction de vol. Pour ce faire, des avions de combat armés du type F/A-18 ainsi que d'autres moyens aériens seront dans les airs en permanence durant la journée. La nuit, ils seront en état d'alerte. Si nécessaire, les jets pourront décoller et rallier Davos en quelques minutes seulement. Les violations de l'espace aérien sont devenues rares ces dernières années, certainement aussi grâce à la police aérienne renforcée. Et si cela arrive, c'est généralement dû à une inadvertance et non pas à une intention criminelle. Néanmoins, tout pilote fautif sera dénoncé aux autorités civiles compétentes.

Cet engagement de la fo av 14 depuis Payerne est une première, puisqu'elle n'y effectue ses cours de répétition que depuis 2018. Auparavant, elle était basée à Sion. L'aigle, les montagnes et les étoiles valaisannes sur l'insigne porté fièrement sur leur tenue témoignent encore de ce passé. Le déménagement en terre vaudoise s'est néanmoins bien passé, aussi parce que les soldats et les cadres connaissent les lieux de leur école de recrues. Depuis 2019, la «14» est commandée par le colonel Patrick Favre, un officier de milice. Enfin, à moitié, comme on lui dit parfois avec un clin d'œil, parce qu'il travaille pour les forces aériennes également dans sa vie civile. La milice lui tient à cœur : «Il serait difficile d'assumer un engagement tel que celui-ci sans la troupe, surtout du point de vue de la capacité à durer.»

Mais peut-on mettre dans les mains d'un soldat de milice un système aussi complexe qu'un avion de combat, autant pour la préparation que pour la maintenance ? «Aucun problème», répond le commandant. En effet, les militaires de milice rafraîchissent leurs connaissances techniques dans des blocs d'entraînement conséquents chaque cours de répétition. Suite à cela, ils reprennent une partie du travail des professionnels sur les jets. Ceux-ci les encadrent en tant que coaches et effectuent des contrôles importants afin que la sécurité soit garantie à tout moment. La collaboration est excellente, aussi avec les pilotes, comme le confirme le colonel Favre : «Ils ont une confiance absolue dans nos miliciens.» De plus, le fait qu'il s'agit d'un engagement au profit des autorités et non pas d'un exercice, stimule davantage la motivation de ces derniers.

Or, le commandant ne se soucie pas que du ciel au-dessus de Davos. Il y a environ un an, les aéroports de Gatwick puis de Heathrow ont dû suspendre les vols suite à des signalements de drones. Depuis ces événements, les drones sont également devenus une préoccupation des forces aériennes. Interrogé à ce sujet, le colonel Favre choisit bien ses mots : «Nous avons les moyens de détecter et de combattre les mini-drones.» Même s'il ne va pas dans les détails, on comprend que sa formation est prête, notamment grâce à la coopération avec les corps de police des cantons de Vaud et de Fribourg, ainsi que les soldats de la compagnie de sûreté qui peuvent être engagés dans des patrouilles mixtes avec des policiers. La responsabilité de l'engagement en dehors du périmètre de la base aérienne relève bien évidemment de la compétence des autorités civiles.

La discussion avec le colonel Favre ne laisse aucun doute : l'espace aérien au-dessus de Davos sera à nouveau bien assuré cette année, en particulier grâce à l'étroite collaboration entre les professionnels de la base aérienne de Payerne et les miliciens hautement motivés de la formation aviation 14.