« Nous n’avions encore jamais vu d’incendies d’une telle ampleur »
Depuis lundi dernier, des militaires de l’Armée suisse sont engagés au Portugal avec trois Super Puma pour lutter contre les incendies de forêt. Leurs témoignages révèlent à quel point ils sont impressionnés par ce qu’ils sont en train de vivre : « Nous n’avions encore jamais vu d’incendies d’une telle ampleur », déclare le lieutenant-colonel Lukas Meier, chef du détachement.
Sur place, les soldats du feu suisses doivent affronter des flammes hautes comme des immeubles, la fumée, l’odeur nauséabonde, la suie, le vent et surtout une incroyable chaleur. « Il est vraiment impressionnant de voir avec quelle puissance et quelle vitesse les feux se propagent, et quelles dimensions ils atteignent », explique le lieutenant-colonel Lukas Meier, engagé en tant que chef de détachement et relevé aujourd’hui jeudi. Même des pilotes expérimentés, forts de plus de 20 ans de service, n’avaient encore jamais été confrontés à des incendies d’une telle violence, et lui non plus, en tant que spécialiste de la lutte contre les incendies et officier de carrière dans la formation d’application du génie et du sauvetage, mais qui accomplit cet engagement à titre civil pour le compte de la Direction pour le développement et la coopération (DDC), n’avait jamais rien vu de tel.
Jusqu’à présent, les soldats du feu suisses ont transporté plus de 325 tonnes d’eau pour lutter contre les flammes. Lors de chaque vol, l’équipage est accompagné d’un membre de la protection civile portugaise chargé d’assurer la coordination avec les forces engagées au sol. « Une telle collaboration nous permet d’effectuer un travail précis et efficace », souligne le lieutenant-colonel Meier. « Les Portugais font réellement tout leur possible pour nous faciliter la tâche », poursuit-il en mentionnant au passage l’accueil convivial, la bonne infrastructure et le briefing très professionnel des autorités du pays. Les sapeurs-pompiers locaux luttent contre le feu depuis plus de huit semaines et sont très reconnaissants de tout soutien apporté.
Dès que les hélicoptères sont de retour à la base passé 20 heures, les spécialistes de la maintenance prennent le relai. « Et ils sont de nouveau à pied d’œuvre avant 7 heures afin que les pilotes puissent compter sur des appareils pleinement opérationnels vers 8 heures», explique encore Lukas Meier. Les feux, dont l’intensité faiblit généralement pendant la nuit, sont répertoriés et réévalués chaque matin par la protection civile, raison pour laquelle les forces d’engagement sont pilotées de manière centralisée depuis la capitale Lisbonne. « La situation est très instable et évolue en permanence. Par exemple, pas moins de 16 nouveaux incendies se sont déclarés dans la seule journée de mercredi », relate le lieutenant-colonel, qui est d’ordinaire commandant d’escadre sur la base aérienne de Dübendorf. Ce jour-là, quelque 2000 pompiers appuyés par 30 canadairs et hélicoptères ont été engagés. Actuellement, des canadairs venus d’Espagne appuient les forces d’engagement portugaises aux côtés des Super Puma suisses.
La responsabilité globale de l’engagement suisse incombe à l’Aide humanitaire de la DDC qui dispose aussi de quatre représentants sur place. Lukas Meier se réjouit de cette collaboration et loue le fait que les membres de la DDC coopèrent de manière exemplaire avec les militaires en leur laissant les mains libres. D’ailleurs, l’ambiance au sein de la mission est excellente. « Qu’il soit pilote, assistant de vol, mécanicien ou collaborateur de la DDC, chaque membre de l’équipe est pleinement motivé », se félicite Lukas Meier. « C’est toujours un plaisir de voir qu’avec notre travail, nous apportons une grande contribution et que cette dernière est fort appréciée. » Le Conseil fédéral a autorisé cet engagement jusqu’au lundi 28 août. Il faudra ensuite compter encore deux jours pour rapatrier les hélicoptères en Suisse.
