Aller au contenu principal

InformationsPublié le 19 août 2026

L’humain avant tout – l’officier spécialiste Christine veille à la santé des militaires de la Swisscoy

En tant que cheffe du service médical, l’officier spécialiste Christine assume la responsabilité médicale des militaires de la Swisscoy. Son quotidien s’articule autour des soins de médecine générale, de la coopération internationale et d’une disponibilité permanente en cas d’urgence. À ses yeux, ce n’est pas uniquement le traitement des symptômes qui importe dans son activité, mais également l’être humain dans sa globalité, tant sur le plan physique que mental, et l’esprit de camaraderie qui règne lors d’interventions.

Pour l’officier spécialiste Christine, l’objectif principal est d’accompagner les membres de la Swisscoy dans leur parcours, de leur insuffler un nouvel élan et de les aider à prendre en main leur propre santé.

Texte et photos : Micha Brändli, Communication Swissint

« L’être humain me fascine ». C’est à travers la simplicité de cette phrase que Christine décrit sa motivation ; une phrase qui constitue le fil rouge de son parcours professionnel. Ni la technique, ni les interventions spectaculaires, ni même l’uniforme ne priment pour elle. Les personnes qui se cachent derrière les diagnostics sont sa priorité.

Médecin spécialiste en médecine interne générale, Christine accompagne ses patients et patientes depuis de nombreuses années dans leur parcours personnel. Selon elle, il ne s’agit pas seulement de traiter des maladies. Elle conçoit plutôt la santé comme une interaction entre le corps, l’esprit et la psyché. « Je souhaite accompagner les personnes dans leur parcours, leur insuffler un nouvel élan et les aider à prendre en main leur propre santé » ; une approche à laquelle elle reste fidèle dans le cadre de sa fonction de cheffe du service médical.

La médecine dans un contexte international

Avant de s’engager au sein de la Swisscoy, Christine a notamment travaillé à l’hôpital universitaire de Zurich et dans un cabinet médical. Son départ pour le Kosovo était mûrement réfléchi. « Ayant déjà vécu dans plusieurs pays, j’ai toujours apprécié d’évoluer dans un contexte international. Et c’est exactement ce que propose la Swisscoy ». Avec son équipe médicale multinationale, elle prend en charge les militaires issus de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne au camp Film City. Elle dirige ainsi l’installation de traitement médical de niveau 1 (role 1 medical treatment facility), le premier point de contact pour l’ensemble de la patientèle.

Le quotidien dans un camp militaire

Dans l’imaginaire collectif, la médecine militaire est associée aux évacuations médicales spectaculaires par hélicoptère (MEDEVAC) ou à la prise en charge de personnes blessées en situation de combat. Dans les faits, ce sont exactement les types de scénarios auxquels l’équipe médicale se prépare. Le cours Tactical Combat Casualty Care (TCCC), des entraînements consacrés à la prise en charge d’afflux massifs de blessés (exercice de mass casualty ou MASCAL) et l’échange de connaissances à l’international font partie intégrante du programme de formation. L’équipe doit en permanence être prête à réagir rapidement et à gérer tout type d’urgence médicale. Heureusement, le quotidien sur le terrain est bien différent. « On nous prépare au pire. Mais en réalité, on exerce comme dans un cabinet médical civil, mais avec quelques spécificités en plus ». La plupart des patients et patientes se présentent au centre médical pour des problèmes courants. Contrairement à un hôpital civil en Suisse, les moyens disponibles sur le terrain sont limités pour poser un diagnostic. Les décisions quant à la nécessité d’un traitement complémentaire à l’hôpital local ou à Skopje reposent essentiellement sur l’expérience clinique.

Une approche holistique de la santé

Pour Christine, la médecine ne se limite pas aux symptômes physiques. « Préserver la santé des troupes ne se résume pas au maintien de la santé physique. La santé mentale, elle aussi, est primordiale. Le corps, l’esprit et la psyché sont indissociables ». Elle est convaincue que le soutien entre les membres du contingent importe autant que les soins médicaux. Être là les uns pour les autres, identifier rapidement les difficultés de ses pairs et s’entraider, voilà tout l’intérêt de la camaraderie.

Travailler et vivre dans un espace restreint

Au-delà des tâches médicales, la mission est également exigeante sur le plan personnel. Contrairement à la vie professionnelle dans le civil, les membres de la Swisscoy se côtoient toute la journée dans le camp. L’intimité est limitée et les possibilités de s’isoler sont rares.

« Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit, de souplesse et avoir la volonté d’aborder les problèmes sans détour. La communication est essentielle. Dans un espace aussi restreint, les conflits sont inévitables si l’on ne met pas les choses au clair ». Elle souligne également l’importance d’être à l’écoute de ses propres besoins et de conserver ses habitudes personnelles, malgré le quotidien en communauté. Ces « bonnes habitudes » constituent une base essentielle pour rester efficace tout au long de l’engagement.

Loin des horaires de bureau

En tant que cheffe du service médical, ses obligations ne s’arrêtent pas à la fin des consultations. Pendant ses gardes, elle est joignable 24 heures sur 24. Une alerte peut survenir à tout moment, aussi bien en journée qu’au milieu de la nuit : « ce n’est pas la charge de travail qui est difficile à supporter, mais bien cette disponibilité permanente et cette responsabilité d’être prête à tout moment ».Une disponibilité qui caractérise sa fonction et une responsabilité qui dépasse largement les connaissances médicales, car pour Christine, une médecine de qualité ne commence pas dans la salle de consultation, mais dans la responsabilité mutuelle au sein de la troupe.