Saffira Guinand : du football de haut niveau à lieutenant dans l’Armée suisse
Saffira Guinand est spécialiste RH au Département fédéral des affaires étrangères et a joué au football à haut niveau. En 2024, elle choisit de faire l’école de recrues comme soldate vétérinaire, à Sand, avant d’enchaîner avec l’école de sous-officiers puis l’école d’officiers. Entre marches épuisantes et leçons de camaraderie, elle raconte comment le service militaire l’a aidée à se réaliser.
Texte : Communication Défense, Anthony Favre
Saffira Guinand est spécialiste RH au sein du Département fédéral des affaires étrangères. À l’été 2024, elle décide d’accomplir l’école de recrues dans la section vétérinaire à Sand (BE), motivée par l’idée de travailler avec des animaux. « Personne ne m’a forcée. C’était un souhait personnel de faire le service militaire », explique-t-elle. Saffira ne s’arrête pas en si bon chemin. L’envie d’assumer des responsabilités et de planifier des engagements la pousse à grader. Elle enchaîne donc avec l’école de sous-officiers puis l’école d’officiers. A force de persévérance et de discipline, la jeune femme devient lieutenant dans l’Armée suisse.
Le football de haut niveau comme préparation
Avant de s’engager dans l’armée, Saffira a déjà eu une carrière dans le football à haut niveau et a joué notamment dans les clubs de Young Boys, Yverdon et Thoune. Elle a également participé à la Coupe d’Afrique des nations féminine avec l’équipe du Burundi, pays d’origine de sa mère. Le sport lui a apporté des qualités essentielles : discipline, rigueur et endurance. Des atouts précieux pour affronter les exigences physiques et mentales du service militaire.
L’école d’officiers : une «leçon de vie»
Parmi les moments les plus marquants de son parcours militaire figure une marche lors de l’école d’officiers, au printemps 2025. Après des heures d’effort, une dernière pente semble interminable. « À ce moment-là, ce n’est plus le corps qui lâche, c’est la tête », se remémore-t-elle. Dans ces situations, la camaraderie devient essentielle pour tenir le coup.
Mais la formation d’officier lui a aussi apporté des enseignements durables : la gestion de soi et des conflits ainsi que des compétences en leadership. « De toutes les écoles que j’ai faites, l’école d’officiers est celle qui m’a le plus appris, à tous les niveaux. Elle m’a permis de me trouver, d’être qui je suis réellement : directe, honnête et sûre de mes choix », affirme-t-elle.
Tolérance zéro face au sexisme
Avec environ 1,6 % de femmes dans ses rangs, l’armée reste un environnement largement masculin. C’est pourquoi certaines jeunes femmes hésitent encore à s’engager, par crainte d’un climat sexiste. Pour Saffira, ces inquiétudes sont légitimes mais ne doivent pas décourager les vocations. Elle rappelle que l’armée applique une tolérance zéro face au sexisme, au racisme et aux discriminations en tout genre. En tant qu’officier, elle prend son rôle d’exemple au sérieux et veille à sensibiliser les militaires face à cette problématique.
Être un exemple pour d’autres femmes
Mais Saffira observe aussi que la présence de femmes peut parfois faciliter certaines discussions, notamment en lien avec les émotions. « Des hommes sont parfois venus se confier ouvertement à moi de leurs problèmes, explique-t-elle, ils ne voulaient pas en parler avec d’autres hommes, par peur de paraître sensibles. »
À travers son parcours et son engagement, Saffira Guinand souhaite ainsi contribuer à faire évoluer les mentalités et encourager d’autres femmes à envisager une carrière au sein de l’Armée suisse.
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