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InformationsPublié le 3 juin 2026

Entretien avec le chef des spécialistes de l’espace orbital

Les opérations de l’Armée suisse dans l’espace orbital dépendent en grande partie de Ludovic Monnerat, commandant du centre de compétences Espace. Avec son équipe, le colonel EMG développe les capacités de l’armée dans cet espace d’opération tout en formant de nouveaux spécialistes. Ces derniers permettent à l’armée de conserver sa vue d’ensemble et ce, même dans l’espace orbital.

Texte : Communication Défense, Christian Bärtschi

Que pensez-vous de la dernière école de recrues Espace ?

Le nouveau modèle de 38 semaines (école de recrues et instruction obligatoire pour obtenir le grade de sergent) est efficace. L’avantage est que nous conservons les soldats plus longtemps dans le système, ce qui nous permet de former des spécialistes qualifiés de l’espace orbital et de ne plus perdre ce savoir-faire à la fin du service. Tous les spécialistes sont incorporés, ce qui contribue de manière significative au développement des capacités dans l’espace orbital.

Quels enseignements ont été particulièrement précieux ?

Notre processus de sélection a une nouvelle fois fait ses preuves. Parmi les 65 candidatures reçues, nous avons retenu 15 militaires qui font un excellent travail et possèdent les qualités recherchées : discipline, autonomie, créativité et persévérance.

Qu’est-ce qui a bien fonctionné ? Quels sont les points à améliorer ?

Il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet, mais le concept d’instruction porte ses fruits : après huit semaines de formation dans l’espace orbital, les soldats sont déjà en mesure de prendre la relève des spécialistes qui terminent le service, sous la direction des cadres de milice et de notre organisation professionnelle. Nous estimons toutefois qu’il y a matière à amélioration en ce qui concerne l’intégration de cette formation dans l’instruction générale de base. À l’avenir, cela devrait se faire plus tôt.

Quels retours avez-vous reçus de la part des militaires ?

Les retours sont très positifs. Les militaires sont motivés et apprécient la possibilité de contribuer au développement des capacités et aux activités opérationnelles, ainsi que d’apporter leurs idées et leurs suggestions. Cette capacité d’adaptation revêt une importance croissante pour l’armée.

Comment garantissez-vous que le contenu de l’instruction reste pertinent ?

L’instruction est directement liée à nos produits opérationnels et est constamment adaptée. Les spécialistes de l’espace orbital collaborent quotidiennement avec notre organisation professionnelle au sein du centre d’opérations spatiales, par exemple dans le domaine du suivi de la situation. L’instruction reste ainsi ancrée dans la pratique et à la pointe de l’actualité.

Quel sera le rôle des soldats espace à l’avenir ?

Les prestations militaires s’appuient de plus en plus sur des capacités dans l’espace orbital telles que la géolocalisation, l’observation ou les télécommunications. Sans elles, aucune armée ne peut mener à bien sa mission désormais. C’est pourquoi les soldats espace vont gagner en importance à l’avenir.

Quels sont les partenaires impliqués dans l’instruction ?

L’instruction est majoritairement dispensée en interne par nos propres spécialistes. Certains modules sont assurés par des partenaires suisses issus de l’industrie et de la recherche.

Quelles évolutions mondiales influencent l’instruction ?

Principalement celles qui ont une incidence directe sur les opérations militaires : les mégaconstellations de satellites de télécommunication, les centres de données en orbite ou les satellites de reconnaissance basés sur l’intelligence artificielle, par exemple. Ces évolutions marquent déjà notre travail à l’heure actuelle.