print preview Retour Page d'accueil

Gestion de crise : une formation pratique grâce à un partenariat éprouvé

L’Armée suisse est une pro de la gestion de crise. Cette compétence intéresse tout particulièrement l’Institut for Management Development (IMD) de Lausanne, avec lequel une coopération existe depuis 2015. 54 personnes ont ainsi participé à une formation de gestion de crise dans le cadre de l’Executive Master of Business Administration (EMBA). Le but : faire face, parfois simultanément, à diverses situations en tant qu’équipe de direction d’une compagnie aérienne fictive. Pour ce faire, les cadres d’entreprises civiles ont appris à utiliser les méthodes de conduite de l’Armée suisse. Commencé dans le chaos, l’exercice leur a finalement apporté une réelle valeur ajoutée.

17.09.2020 | Communication FSCA, Michelle Steinemann

Officiers de carrière et experts civils ont collaboré en tant qu’instructeurs au cours de l’exercice. (VBS/DDPS)
Officiers de carrière et experts civils ont collaboré en tant qu’instructeurs au cours de l’exercice. (VBS/DDPS)

Ne pas se perdre dans les détails en évitant de pratiquer le micromanagement : pas si simple, lorsqu’on est cadre d’une compagnie aérienne confrontée à une situation d’urgence comme le crash d’un appareil, une intoxication alimentaire ou le dysfonctionnement du système de traitement des bagages. C’est le défi qu’ont dû relever les participants à l’exercice de gestion de crise. Durant deux jours, sous la direction d’experts, les cadres internationaux ont cherché à garder une vue d’ensemble stratégique malgré les contrariétés imposées, en faisant la part entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Les instruments de conduite éprouvés de l’Armée suisse leur ont servi de base de travail. En raison des restrictions de voyage dues au coronavirus, 17 personnes ont effectué l’exercice en ligne, par vidéoconférence et en utilisant d’autres moyens de collaboration numérique. L’accompagnement s’est fait depuis la Suisse.

Apprentissage par l’expérience

Montrer, s’exercer, appliquer : la méthode d’instruction militaire bien connue n’a cette fois pas été utilisée pour lancer l’exercice. D’entrée de jeu, les participants ont été mis dans le bain, sans aide aucune, comme dans une véritable situation de crise. Le but déclaré était de les stresser et qu’ils se sentent dépassés par les événements. Ce n’est qu’une fois cette phase expérimentale achevée que les instructeurs ont commencé à dispenser leur enseignement. Parmi eux, des officiers de carrière, actifs ou retraités, et des officiers généraux qui ont montré comment utiliser les instruments adéquats, permettant de faire face à de telles situations.

Pour Inga Korneliusa, Head of Sales and Marketing chez Avis Budget Russie, cette entrée en matière était au début « extrêmement chaotique ». Par la suite toutefois, avec un peu d’entraînement, les instruments présentés par les instructeurs lui ont semblé utiles. Elle concède ne pas s’être vraiment préoccupée des questions de gestion de crise avant celle du coronavirus. « Mais maintenant, je suis prête à absorber tout ce que je peux sur le sujet, comme une éponge. Ces outils sont une aide idéale et je vais les partager avec la direction de mon entreprise dès mon retour. »

Chef d’un service de recherche odontologique au Koweït, Wael El-Afghani considère pour sa part que cette formation est un très bon investissement. Il a tout particulièrement apprécié la présence d’officiers et d’officiers généraux, qu’ils soient actifs ou à la retraite, au sein de l’exercice. Il a ainsi découvert quelque chose de nouveau pour lui.

Utilité de la formation militaire à la conduite pour les civils

La direction de l’exercice était assurée par l’entreprise Kenel Crisis Leadership Training. Quant au commandement MIKA, spécialisé dans la formation au management, à l’information et à la communication, il était responsable des bases militaires sur lesquelles se fondait l’exercice ainsi que de leur enseignement. L’objectif n’était pas de proposer une formation d’officier raccourcie, souligne le commandant de cette institution, le colonel EMG Mark Eigenheer. « Ce que je voulais, c’est montrer la valeur de la formation militaire des cadres à des dirigeants d’entreprises privées. Si une crise se présente, les participants doivent pouvoir se rappeler de choses fondamentales comme la nécessité de suivre un processus systématique. » Le professeur Stefan Michel, responsable du programme EMBA à l’IMD, ne peut qu’acquiescer. « La crise du coronavirus affecte chaque entreprise, partout dans le monde », note-t-il. « Dans cette situation extraordinaire, les demandes de nos anciens étudiants sont particulièrement nombreuses. Ils reconnaissent l’utilité pratique de la formation qu’ils ont reçue et beaucoup souhaitent recevoir à nouveau le matériel pédagogique. »

Un précieux partenariat stratégique entre l’IMD et l’Armée suisse

Les expériences et retours positifs des étudiants des dernières années confirment l’utilité de cette collaboration entre l’IMD et l’Armée suisse. Comme le souligne Stefan Michel : « C’est un partenariat dont les deux parties bénéficient. »