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Trois cents jours d’affilée à l’armée: visite chez les militaires en service long

Tout soldat étant entré en service après 2004 a dû répondre à une question cruciale: va-t-il accomplir son service d’une traite ou suivra-t-il le modèle classique, à savoir quatre mois d’école de recrues et six à sept cours de répétition? Cuminaivel a rendu visite à une compagnie de soldats d’infanterie en service long.

28.01.2018 | fe

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(ph)

 

Nous, la rédaction de Cuminaivel, sommes tous des soldats en CR. Dans le cadre du WEF, nous rendons visite à la compagnie d’intervention de l’infanterie 204/2, composée de militaires en service long. L’application dont fait preuve la garde lors du contrôle de notre identité révèle déjà que ces soldats sont en service depuis un certain temps. Nous sommes reçus par le major Maurus Gamper, officier de carrière d’unité, qui nous conduit à travers le dispositif. Il est responsable de ces soldats pendant 300 jours. «Cette compagnie a commencé l’école de recrues à Aarau. À présent, elle est principalement stationnée à Schwytz. La garde d’ambassades et l’engagement en faveur du WEF constituent nos principales missions. De tels engagements font du bien à la troupe», explique le major Gamper. Les soldats confirment cette affirmation. Au cours de ce genre d’engagement, ils emmagasinent l’énergie dont ils auront besoin une fois le WEF terminé. «Être engagés au profit du WEF est particulièrement passionnant. Nous sommes responsables du terrain et de différents objets», nous raconte le soldat Braun.

 

Contrairement aux soldats en CR, qui retourneront à la vie civile après le WEF, les choses continueront pour les militaires en service long. Ils n’auront accompli leurs 300 jours de service que vers la fin avril. «Même s’il arrive qu’on donne congé aux soldats pendant plusieurs jours, ils doivent rester prêts à l’engagement en tout temps. Il n’y a donc pas vraiment de vacances le long de ces 300 jours. Et c’est là tout l’avantage que représentent les militaires en service long: on peut très vite les engager», relève le major Gamper. Quand on leur demande pourquoi ils ont décidé de faire leur service d’une traite, le soldat Rölli répond: «J’aimerais ne plus avoir à remettre mon uniforme une fois ces 300 jours passés et pouvoir me concentrer pleinement sur mon travail. Toujours garder le même équipement et ne pas devoir aller chercher et restituer du matériel, comme c’est le cas dans un CR, représente un autre avantage.» Cet argument nous est d’ailleurs avancé plusieurs fois pendant le dîner. Au cours de notre visite, nous rencontrons également des sous-officiers, comme le sergent Lattanzio, qui effectue un service de 430 jours. «Cela fait bien un certain temps que je suis à l’armée. Mais j’y apprends énormément, ce qui pourra se révéler utile pour mon métier. En plus, j’apprécie beaucoup la cohésion qui nous unit. Pendant tout ce temps, on progresse en tant que troupe.» Au cours de leurs engagements, les militaires en service long rencontrent parfois des soldats en CR, ce qui est une expérience un peu spéciale, comme nous le confirme le soldat Rölli: «Dans notre compagnie, nous devons toujours appliquer les règles militaires, comme le salut.» Pour les militaires en service long, cela signifie que la discipline sera toujours de mise pendant quelques semaines encore après le WEF. Leur service se terminera fin avril, suite à quoi ils seront renvoyés à la vie civile. Ils resteront toutefois incorporés dans la réserve de l’armée pendant dix ans.