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Du char à la salle de concert

Plus d’une centaine de musiciens se sont retrouvés pour le début du CR de la fanfare militaire de la brigade mécanisée 11. En tant que musiciens militaires, ils ont tous accompli l’école de recrues correspondante et répondaient aux conditions requises avant le service. Parmi eux cependant se trouvait un soldat qui se distinguait de ses camarades, majoritairement originaires de Suisse orientale, non seulement par son dialecte bâlois, mais aussi par son insigne de sapeur de chars. Interviewé à ce propos, le soldat Dominik Mangold s’est expliqué au sujet de cette présence insolite.

07.11.2018 | Fanfare mil br méc 11, Communication Défense

Dominik Mangold im Tenue A mit Trommel.


Où et comment as-tu appris à jouer du tambour ?

Dans ma famille, jouer du tambour est une tradition. Presque tout le monde participe à la clique bâloise de carnaval « Glunggi ». Mon père et mon grand-père jouent du tambour. À l’âge de six ans, je suis entré dans les « Binggis », les plus jeunes tambours de la clique. Même si, à l’époque, je m’intéressais davantage au football et surtout au tir à l’arc, j’ai continué et, en passant par la « Junge Garde », c’est-à-dire les joueurs de tambours avancés, j’ai été admis dans la société de base. Comme nouveau membre de ce cercle, je devais mémoriser l’ensemble du répertoire, à savoir 45 marches, ce qui m’a peu à peu obligé à m’exercer plus sérieusement à la maison.

Pourquoi n’as-tu pas passé l’examen spécialisé de tambour militaire avant le recrutement ?

Comme je l’ai déjà dit, quand j’étais plus jeune, je n’étais pas un passionné du tambour, ce qui explique ma présence irrégulière aux répétitions. Toutefois, le chef-tambour de la clique ne m’a pas lâché et a insisté pour que je travaille plus sérieusement. Contre toute attente, j’ai commencé à ressentir une certaine ambition et j’ai fini par trouver du plaisir à jouer du tambour. La véritable passion est arrivée en 2015, lorsque j’ai participé pour la première fois au concours officiel de tambour de Bâle, où j’ai atteint la 17e place sur 33 participants. A cette époque, j’avais toutefois déjà été recruté comme sapeur de chars.

En quoi consiste l’activité du sapeur de chars et quelle est la formation qui lui est donnée à l’école de recrues ?

Le sapeur de chars doit assurer la mobilité de sa propre formation de chars et entraver la mobilité des formations de chars adverses. Dans le cadre de l’instruction, on apprend l’usage du Panzerfaust et des explosifs, le combat urbain, mais aussi le travail concret d’un pionnier, comme par exemple l’utilisation d’outils de chantier tels que les perforeuses à percussion et les tronçonneuses. Nous devions toujours porter beaucoup de matériel et aller à la limite de notre résistance physique.

Qu’est-ce qui t’a motivé pour accomplir un CR en dehors de ta formation ?

Mon enthousiasme pour le tambour a connu un nouveau point fort avec l’entrée dans l’Union Folklorique Suisse (UFS) de Bâle. Pour la première fois, j’ai été confronté avec des notes rédigées en écriture moderne, qui sont totalement différentes des hiéroglyphes utilisés à Bâle. Après ma première fête des tambours en 2016 à Möhlin, j’ai regretté de ne pas avoir essayé de passer l’examen spécialisé de tambour militaire. Il y a un an, j’ai été incorporé dans la formation de tambours « STICKSTOFF », dans laquelle on ne trouve que des tambours militaires. Les membres de ce groupe m’ont encouragé à déposer une demande d’autorisation d’accomplir un CR dans la fanfare militaire auprès du Centre de compétences de la musique militaire. À ma grande surprise, ma demande a été acceptée. Voilà pourquoi je suis ici !

Comment te sens-tu dans ce nouvel environnement et comment vont se présenter tes prochains CR?

Je me plais beaucoup ici ! J’ai l’impression d’être sur la même longueur d’onde que les autres musiciens et mon intégration n’a posé aucun problème. Les relations entre les membres du groupe sont détendues et chaleureuses. Je suis vraiment dans un milieu idéal et j’aimerais m’y faire incorporer définitivement, pour autant que l’appréciation donnée par mes nouveaux supérieurs soit favorable.