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Les gardiens du ciel grison

Pendant le WEF, plusieurs équipes assurent la sécurité de la zone interdite de survol à bord d’hélicoptères Super-Puma. L’unité de pilotes et de membres d’un détachement spécial de la police militaire intervient là où les F/A-18 Hornets sont trop rapides.

19.01.2019 | CUMINAIVEL | mo, mw/fe

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La scène pourrait être tirée du film «Apocalypse Now»: un Super-Puma s’élève dans les airs, ses portes latérales ouvertes laissant entrevoir deux membres du détachement spécial de la police militaire, un doigt sur la gâchette de leur fusil. Il ne manque plus que la «Chevauchée des Walkyries» de Wagner comme musique de fond. Mais ce serait aller un peu trop loin, car, en fin de compte, cette scène n’est pas née dans un studio de tournage, mais à l’occasion du Forum économique mondial de Davos (WEF). Et ce qui semble martial sert en premier lieu à contrôler l’espace aérien inférieur. Cette forme de sécurisation du ciel s’appelle «Airpolicing on Helicopter» (APOH).

Pendant le WEF, le ciel au-dessus de Davos est interdit de vol. Trois types d’appareils surveillent le secteur: des F/A-18 Hornets, des PC7 et des hélicoptères Super-Puma. «Comme les parapentistes et les petits avions sont trop lents pour les avions de combat, c’est nous qui nous en occupons», explique le capitaine C.M*, responsable de l’APOH. Les équipes contrôlent l’espace aérien interdit et interviennent si nécessaire.
 

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Il a été recouru à l’APOH pour la première fois en 2014, lors de la conférence de l’OCDE à Bâle. Quelques mois plus tard, le cap C.M et sa troupe ont réemployé la méthode au WEF. Désormais, l’APOH est appliquée chaque fois qu’une interdiction de survol est établie, comme pour l’ouverture du tunnel de base du Gothard en 2016 ou pour la visite du pape François à Genève en 2018: quelques aéroplanes civils avaient dû être rappelés à l’ordre et escortés en dehors de la zone interdite. Pendant le WEF, les équipes sont organisées de sorte à pouvoir intervenir en une poignée de secondes. «Dans l’hélicoptère, tous les systèmes, jusqu’aux turbines, sont en alerte», détaille C.M. Pour l’instant, il n’a presque jamais été nécessaire d’intervenir dans le cadre du WEF, car les pilotes amateurs sont à présent au courant de l’interdiction. Du reste, qui voudrait risquer une scène à la «Apocalypse Now»?

 

*Nom connu par la rédaction.