« Repenser la conduite ». C’est avec ce titre que le brigadier Daniel Lätsch, directeur de l’Académie militaire (ACAMIL), a salué, le 7 mars 2009, quelque 370 invités du monde politique, économique, scientifique et militaire à l’occasion de la traditionnelle session de printemps de l’ACAMIL de l’EPF de Zurich.
Le président de la session, Monsieur Stefan Seiler, enseignant en leadership et communication à l’ACAMIL, a souligné en préambule que la globalisation de la société et l’accélération de son rythme de vie influencent grandement le monde du travail moderne. Un cadre dirigeant doit aujourd’hui pouvoir se mouvoir dans un environnement complexe, dynamique et international. Il est amené à prendre des décisions sans être en mesure d’en estimer précisément la portée et les conséquences. La crise financière et économique que nous traversons actuellement en est le parfait exemple. Dans ces circonstances, la responsabilité des cadres dirigeants concerne les trois points suivants :
- la définition et l’atteinte d’objectifs,
- les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs,
- la maîtrise de la complexité et la mise en place d’organisations clairement structurées.
La crise actuelle met en évidence les conséquences d’une définition erronée des objectifs et de mauvais systèmes d’incitation pour atteindre ces objectifs, d’une conduite des affaires indécente, voire illicite, et d’une frénésie de croissance irréaliste qui a conduit à un chaos inextricable. Monsieur Seiler a démontré que ces trois critères revêtent également une importance capitale pour le commandement au sein de l’armée.
Le professeur Klaus Jonas, de l’Université de Zurich, a présenté l’importance d’une conduite transformationnelle et de la confiance placée dans le processus de commandement pour que les performances et l’engagement volontaire des subordonnés soient augmentés. Dans une organisation de milice précisément, l’engagement volontaire est indispensable pour que le système puisse fonctionner de manière durable.
Prendre les bonnes décisions dans les situations les plus diverses
Le professeur Peter Gomez, de l’Université de Saint-Gall, a exposé pourquoi la crise financière et économique a mis à mal les relations entre l’économie et la société et les raisons pour lesquelles la confiance faite à l’économie pour résoudre elle-même les problèmes rencontrés chute. Il a montré que l’économie comme l’armée doivent concevoir leurs activités comme un moyen de créer de la valeur pour la société. Les cadres dirigeants du futur devront donc toujours prendre leurs décisions en ayant à l’esprit que la société est aussi assise à la table des décideurs.
Le professeur Roman Boutellier, de l’EPF de Zurich, a évoqué un aspect central d’une conduite couronnée de succès : savoir prendre les bonnes décisions dans les situations les plus diverses. A l’aide d’exemples et de résultats de recherches, il a démontré qu’il n’existe pas un « bon » processus de décision dans l’absolu, mais que le processus de décision approprié découle avant tout de la définition des objectifs et de l’initiative personnelle.
Au cours d’une table ronde, les trois conférenciers ont ensuite débattu de quelques points essentiels présentés dans leurs exposés et ont évalué leur importance pour le commandement dans l’armée.
Les contenus de la session seront réunis dans un livre. Cette publication pourra être commandée auprès de l’Académie militaire de l’EPF de Zurich.
Monsieur Stefan Seiler
Enseignant en leadership et communication
Académie militaire de l’EPF de Zurich
044 739 82 82
Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports
Domaine Défense